Qwaarn - Aberrations

24/09/2007

Par Christophe Gigon

Label: Unicorn Digital

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Qwaarn est une formation en provenance du Québec, forteresse bien connue du rock progressif. En effet, la Belle Province semble être restée très attachée à cette musique si souvent décriée. Là-bas, même dans une petite ville, il n’est pas rare de trouver plusieurs échoppes spécialisées dans ce genre de musique. D’ailleurs, les groupes ne s’y trompent pas et c’est pourquoi ils sillonnent si volontiers cette partie francophone du Canada.

Fondé en janvier 2004, la formation québécoise de rock progressif nous présente déjà son second travail après The World of Qwaarn à la fin de la même année. Ce premier disque à la pochette signée par le grand Paul Whitehead (Genesis) proposait un rock progressif très axé sur les années soixante-dix et fort peu novateur. Le chanteur ne parvenait pas à masquer son fort accent français et les musiciens ne semblaient pas très à l’aise avec leurs instruments respectifs d’où cette impression de flottement teinté d’amateurisme en écoutant l’album.

Qwaarn est une formation à géométrie variable dans le sens où les membres du vaisseau vont, viennent ou quittent le groupe en fonction de leurs autres projets. Ainsi, le line-up se trouve passablement renouvelé depuis le premier album. A part le batteur et le guitariste, le reste de la troupe est nouveau. En effet, beaucoup de musiciens ayant participé à l’aventure du premier album sévissaient déjà dans d’autres groupes de la région (Dagmahr, Sens et Mélia). Le fruit des nouvelles séances de composition est à nouveau un pur produit progressif (régressif serait peut-être un épithète plus approprié malheureusement). La trame narrative de ce second album vous sera ici épargnée tant elle est indigente. Concentrons-nous plutôt sur la musique qui, si elle reste toujours extrêmement stéréotypée, lorgne cette fois moins vers Genesis et consors et davantage vers le rock britannique des seventies (David Bowie, The Beatles, Pink Floyd ou Led Zeppelin) sans jamais atteindre la richesse mélodique des dinosaures en question.

Dix morceaux de rock progressif de facture tout ce qu’il y de plus classique sans aucune faute grave de goût, mais néanmoins dénués de toute étincelle de génie. Une fois encore, e chant n’est pas à la hauteur des ambitions baroques de la musique. Le tout n’est pas désagréable, loin s’en faut. Il y a même de ci de là, quelques passages qui font dresser l’oreille ou quelque arrangement qui fait penser aux maîtres à rêver bien connus du mouvement (Genesis, Marillion ou Pendragon). Mais à part ces brefs soubresauts, on s’ennuie ferme à l’écoute de ces Aberrations (sic) !

Si vous êtes en manque de rock progressif « standard », pourquoi ne pas jeter une oreille sur cet album de Qwaarn qui est tout de même sensiblement meilleur que le précédent, même s’il s’agirait, pour le potentiel troisième album, de se donner les moyens d’atteindre des ambitions plus élevées sous peine de se dissoudre dans l’anonymat intergalactique du monde de Qwaarn, lui-même partie intégrante du microcosme progressif universel !