Steve Thorne - Emotional Creatures : Part Two

18/08/2007

Par Christophe Gigon

Label: Giant Electric Pea

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Même si c’est déjà le second album de Steve Thorne (Emotional Creatures : Part One est sorti en 2005, cf notre chronique), le quidam n’a probablement jamais entendu parler du bonhomme en question. Pourtant, quand son premier disque a été déposé dans les bacs, il a attiré les regards tant la pochette (ainsi que les informations imprimées sur le sticker) forçaient le respect. En effet, en sus d’une magnifique illustration dans la plus grande tradition progressive, on pouvait constater que le quasi anonyme Steve (encore un de plus dans la grande famille des Steve « progressif » après Steve Hackett, Steve Howe, Steve Rothery, Steve Hogarth, et Steve Wilson) a su s’entourer de la crème des musiciens issus du mouvement progressif britannique.

Emotional Creatures : Part Two est donc le second album et suite logique du précédent travail de Steve Thorne. Là encore, notre ami a su s’entourer de fines gâchettes. En plus des invités déjà présents sur le premier album, on peut, cette fois-ci noter la présence de Gavin Harrison (Porcupine Tree), John Mitchell (Arena), Dave Meros (Spock’s Beard) et Pete Trewavas (Marillion). Comment un artiste issu de nulle part et inconnu des amateurs du genre a-t-il pu obtenir les services de la crème des musiciens que compte actuellement le rock progressif ? Nul ne le sait. Certes, le chanceux Steve a travaillé comme roadie pour Pendragon et Jadis entre autres et il a su établir des contacts opportuns… progressivement ! Et si on parlait musique ?
D’emblée, il faut relever que cette seconde créature ressemble à s’y méprendre à la précédente : même direction musicale générale et semblables arrangements. Steve Thorne pratique un rock acoustique progressif, mâtiné de claviers, très « propre sur lui » et absolument dénué de la moindre agressivité. Les références qui sautent aux oreilles sont IQ, Peter Gabriel et… Simon et Garfunkel !

L’ensemble du disque est fort bien produit (notre lascar s’est même permis le luxe de s’offrir le célèbre Rob Aubrey comme producteur) et le son est tout simplement superbe. Une production digne d’un Peter Gabriel (justement) ou d’un Marillion (produit par Dave Meegan). Les onze titres qui composent cette créature émotionnelle sont tous assez différents même si l’œuvre reste très homogène, ce qui est gage de qualité. Beaucoup d’ambiances oniriques tissées à l’aide de nappes de claviers et de sons « floydiens ». Des soli de guitare très « jolis », une basse omniprésente et la voix fort agréable de Steve Thorne (entre Peter Gabriel et Paul Simon) concourent à faire de l’ensemble un album délicat, léché, honorable bien qu’assez consensuel ! A cet égard, la musique de Steve Thorne plaira davantage aux amateurs de rock FM bien produit (Supertramp, Dire Straits, Genesis, Asia) qu’aux inconditionnels de Frank Zappa même si celle-ci reste exigeante, malheureusement plus dans sa forme que dans son fond. Certes, de temps en temps, on pourrait presque croire qu’il s’agit du dernier IQ ou du dernier Spock’s Beard mais bien vite on retombe dans une certaine mollesse dans laquelle se complaisent trop souvent les groupes cités entre parenthèses ci-dessus.

Finalement, même si Steve Thorne ne verra pas son prénom accolé à la suite de ses illustres homonymes dans les anales du rock progressif, il n’empêche qu’il nous offre une musique extrêmement bien exécutée et produite, apte à plaire au plus grand nombre. Le disque idéal à écouter en voiture ou en fond sonore à l’heure de l’apéritif.