Rational Diet - Rational Diet

18/08/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: AltrOck Productions

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Rational Diet est la seconde production du très jeune label italien Altrock dont la première référence est l’excellent album de Yūgen, Labirinto d’Acqua (cf. notre chronique). Rational Diet n’est pas à proprement parler un nouveau groupe, puisque cet album est composé de titres enregistrés en 1999 et 2004 à Brest en… Biélorussie, sans doute un des rares pays non encore représenté dans l’univers sans cesse plus cosmopolite du rock ambitieux.

Comme de nombreux groupes d’Europe de l’est, Rational Diet comporte son lot d’instruments classiques et revendique des influences autant chez les compositeurs classiques tels Shostakovich et Stravinsky que chez les formations avant-gardistes, et notamment de la mouvance rock in opposition comme Henry Cow, Univers Zero, Present ou encore Debile Menthol. Instrumental et acoustique en grande partie, Rational Diet accueille de temps à autres des voix, parlées (« Stop Kolpakoff ! », « I Refrained from Closing my Ears »), plus rarement chantées (« From the Grey Notebook – Part 2 », « Don’t Swing the Wheel »). Les instruments acoustiques et plus particulièrement classiques (violon, violoncelle, basson, saxo ténor) sont donc très largement privilégiés et leurs homologues électriques ne sont autorisés à intervenir que sporadiquement ou en soutien, comme la guitare sur « From the Grey Notebook » ou « From the Grey Notebook – Part 2 ».

Comme les ancêtres dont elle se réclame, la musique de Rational Diet joue sur les dissonances, l’anti-mélodie et les fulgurances. Un peu trop d’ailleurs, ce qui, conjugué avec une certaine mainmise des cordes émousse un peu l’intérêt global de ce disque et peut même s’avérer être lassant sur la distance. Néanmoins, le dernier titre, « From the Grey Notebook – Part 2 », plus varié et plus rythmé, rééquilibre de justesse la balance et laisse l’auditeur sur une impression positive.

Malgré son brio, Rational Diet applique une formule qui dans l’ensemble ne varie que très peu durant la soixantaine de minutes de l’album. On regrettera donc un manque de prise de risque dans un style qui en réclame impérativement.