Terry Riley - Les yeux fermés - Lifespan

15/08/2007

Par Jérôme Walczak

Label: Revolver USA

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Il n’est pas certain, à écouter ces rééditions de deux bandes originales de films des années 70 (Les Yeux Fermés de Joël Santoni et Le Secret de la Vie de Sandi et Alexander Whitelaw) que le style progressif et répétitif minimaliste soit particulièrement adapté à l’illustration d’un film, si bon soit-il.
A l’écoute de ce disque, on ne peut s’empêcher de penser à Tubular Bells, mais Mike Oldfield avait une petite énergie en plus, une originalité qui savait propulser l’auditoire dans un univers consciencieusement mis en place par l’artiste, et qui retenait, hypnotisé. Mais cette analogie avec Oldfield ne se fait que parce que Riley laisse la part belle aux claviers, même s’il préfère jouer dans le registre de la disharmonie et de la répétition à la Steve Reich (l’emblématique et migraineux « Happy Ending » en témoigne). On sent bien que la musique contemporaine était à l’époque à la mode, et tout cela a ma foi fort mal vieilli. Hormis si l’on est amateur fou de ces films, il est difficile d’écouter ces titres dans une perspective autre que pédagogique et historique. Tout cela est mou comme du coton, on navigue en plein brouillard.
Loin d’être embrouillée pourtant, la musique de Terry Riley est plutôt désorientée, elle ne sait où mener. Ainsi, sans avoir vu les films qu’elle illustre, aucune image, aucune sensation, que ce soit de plaisir ou de déplaisir, ne vient saisir l’auditeur. C’est bien la raison pour laquelle cette réédition laissera son auditeur dans une certaine perplexité.

Les plages musicales sont longues, près de vingt minutes, très répétitives, alternant des thèmes au clavier et des improvisations au saxophone, qui, à trop les entendre, finissent non seulement par lasser, mais feraient presque pousser un « ouf » de soulagement lorsque le disque s’achève. Une bande originale vient illustrer le film, elle le seconde, en rappelant quelques épisodes, en ponctuant avec force les événements majeurs, et surtout, elle est une marque de fabrique, un ensemble émouvant qui doit mettre le spectateur en connivence immédiate avec le scénario, les acteurs, le moment plus ou moins bon qu’on a passé dans la salle. Ici, on ressort exténué, épuisé, saoulé au sens littéral du terme.

A ne conseiller qu’aux nostalgiques, aux curieux ou aux misanthropes.