The Rebel Wheel - Diagramma

24/07/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

Site:

L’origine de ce groupe canadien remonte au début des années 1990 mais ce n’est qu’en 2003 que The Rebel Wheel sort un premier album éponyme sur un label indépendant d’Ottawa. En 2005, le personnel de la formation se stabilise autour de David Campbell et le groupe propose en 2007 ce Diagramma autoproduit qui lui permettra d’être signé chez 10T Records.

The Rebel Wheel revendique des influences telles que Yes, Gentle Giant, Zappa ou encore Rush. Pourtant, aucun titre ne sonne vraiment comme l’un de ces artistes. C’est plutôt du côté de King Crimson qu’il faut chercher pour définir les atmosphères souvent sombres, inquiétantes, dissonantes développées sur Diagramma. « Threads », par exemple, évoque tout autant par sa froideur et ses claviers le prog lourd et dépressif d’Anekdoten que Porcupine Tree et ses rythmiques hypnotiques. La voix lancinante de David Campbell, qu’on appréciera ou non, renforce cette impression. La musique de The Rebel Wheel prend pied dans son époque par l’utilisation de formules électroniques et par sa production très moderne mais lorgne aussi très largement du côté de ses ancêtres grâce à la présence de claviers très typés. Le plat de résistance « Diagramma », longue pièce de plus de vingt minutes définit le plus précisément ce qu’est l’entité The Rebel Wheel : un improbable mélange d’art rock, d’electro-rock, de rock symphonique, aux sonorités à la fois vintage et modernes, agrémenté de loin en loin par des touches de fusion jazz. Bien que plutôt homogène, l’ensemble donne parfois l’impression d’un collage façon « catalogue d’influences ». Ce qui n’a pu être casé sur ce gros morceau se retrouve par ailleurs sur le reste des titres : de l’atmosphérique sur « Three Valley Gap », du jazz-rock sur « Tempra »et du space rock sur « Hiding in Waiting ».

Diagramma est une œuvre bien produite, aux arrangements soignés, un coup d’essai plutôt réussi. Néanmoins, le manque d’unité de l’ensemble se fait sentir sur la durée. Une version augmentée sortira chez 10T Records et comportera deux titres supplémentaires qu’on espère plus homogènes. Diagramma conviendra donc sans nul doute aux adeptes d’un prog sombre, travaillé, aux influences multiples et découragera les autres par l’absence de réelle cohérence dans sa dynamique.