Frogg Café - The Safenzee Diaries

22/07/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: 10t Records

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Groupe à l’origine spécialisé dans la reprise du répertoire de Frank Zappa, Frogg Café s’est peu à peu émancipé pour produire ses propres albums jusqu’au très remarqué Fortunate Observer of Time en 2005. Groupe de scène avant tout, ce sextet new-yorkais se devait de boucler un cycle en proposant un aperçu de ses performances en concerts. Enregistré en divers lieux, y compris en studio dans les conditions d’un live, ces enregistrements attestent de la qualité des prestations scéniques de Frogg Café.

Frogg Café mélange allègrement les styles et les instruments, dans le giron de la fusion jazz-rock. Le spectre de Zappa flotte bien évidemment sur certains titres, mais Frogg Cafe n’est plus un groupe-hommage et cela s’entend. De Gentle Giant (« Creatures », la partie chantée de « Candy Korn ») à l’âpreté du RIO (« Il Gioco ») en passant par Return Forever, le free-jazz (« Tagliarini ») ou le jazz le plus old school dominé par les cuivres, les new-yorkais ont acquis une vraie et unique personnalité et ne sauraient être aliénés à une poignée de références. Flugelhorn, trompette, trombone et autre violon, accompagnés par la voix ronde et chaude de Nick Lieto confèrent cette coloration « estivale » à une base plutôt hermétique de prime abord.

Piochées dans l’intégralité de leur discographie, les quatorze compositions prennent en concert une toute autre dimension, une vie, pour ainsi dire, malgré une prise de son et un mix assez variables selon les enregistrements. Et comme tout bon groupe de jazz aventureux qui se respecte, Frogg Cafe pratique l’improvisation avec un indéniable talent. Qu’il s’agisse de « Space Dust », « Gagutz », « Asleep on a Rim » ou de la seconde partie de « Candy Korn », toutes possédées par les soli de violon de Bill Ayasse ou de trompette de Nick Lieto, – quand ce n’est pas la guitare de Steve Uh qui est à l’honneur comme sur « Fat Guys In Shorts » – libre cours est donnée à l’inspiration débridée du moment et les versions studio semblent parfois bien lointaines !

Pour ceux qui n’auraient encore eu l’occasion d’écouter ce groupe somme toute encore méconnu, The Safenzee Diaries constitue la plus excellente des entrées en matière, celle qui dévoile les talents d’une formation originale, racée, taillée pour l’exercice public.