T-BO - We Stay Together

18/07/2007

Par Jérôme Walczak

Label: Musea

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Cet album nous invite au respect. C’est une lettre d’amour, un bel hommage rendu par un papa endeuillé à un fils de 19 ans fauché par une voiture folle, un jour d’automne en 2003. Philippe Laloux a réuni des membres de sa famille, des amis, des parents proches de Thibault pour le saluer et lui envoyer un magnifique message. Cet album est fait avec le cœur, avec les tripes, avec toute la douleur et la peine qu’un parent puisse éprouver à la perte d’un enfant.
Il est des moments où tout ce que le chroniqueur doit faire, c’est se taire, et respecter, parce qu’un disque, parce qu’un morceau de musique, on aurait parfois tendance à l’oublier, c’est avant tout livrer des émotions, des états d’âme, des remerciements, des souvenirs partagés, et sur tous ces points, là où il est, Thibault peut être fier de l’œuvre accomplie par son père, sa famille et ses amis.
Cet album se décline entre tristesse et espoir, entre la beauté de l’enfance et la douleur du deuil, sur quatorze titres instrumentaux pudiques, où la nostalgie (« Play it ») côtoie la rage de vivre (« Going on ») et les douceurs de l’enfance (« Love is everything »). Il y a foule sur ce disque, et les choix dans les instruments sont réalisés avec tact, sans emphases, tout simplement parce que là n’est pas l’objectif.
Les amateurs de flûtes et les nostalgiques de Jean-Pascal Boffo seront très satisfaits car on y retrouve les longues plaintes méditatives propres à ce dernier (« You will find »). Ce sont les claviers et les batteries qui structurent l’œuvre et la flûte vient conférer une homogénéité à l’ensemble. La guitare n’est pas en reste : elle peut être incisive et agressive (« You will find ») ou au contraire discrète et effacée, se mêlant harmonieusement aux claviers et aux instruments à vent (« Love is everything »).
Chaque morceau doit être écouté avec le livret sous les yeux car les compositions donnent une bien belle définition aux différents et émouvants titres qui se succèdent les uns après les autres : « See you later », qui commence de manière bien sombre, avec force percussions, nous prend par la main et nous montre, minute après minute, que la lumière n’est jamais loin. « Teach me », un autre morceau fait de douceur, rehaussé par un discret saxophone, nous invite à poursuivre dans la vie, en dépit des peines et des douleurs que celle-ci nous réserve un jour ou l’autre.
Ce disque est un disque de douleur, de tristesse, mais c’est aussi une franche et belle bouffée d’optimisme. Rares sont les moments où l’on peut à ce point partager les douleurs d’un artiste et vivre avec lui toutes les résiliences que ces moments difficiles réservent. Ce disque est une leçon de vie, un artiste qui a compris cela a tout compris à son métier, et un public qui a compris cela mérite de tels artistes.

Thibault peut être fier, très fier.