Lac Placide - Closer

11/07/2007

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Autoproduction

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Lac Placide avait laissé une bonne impression avec son précédent EP, Freedom From Their Hands, chroniqué ici même. Qu’en sera-t-il avec Closer ?

Le Lac continue dans la voie qu’il a tracée depuis ses débuts, à savoir cette alternance de chant français et anglais qui a fait son originalité. Le groupe a sorti un album très ambitieux, souligné par le superbe livret, marquant une volonté indéfectible de progresser tant dans la forme que dans le fond. La production est très claire, peut-être même trop – trop lisse en tous les cas. Elle reste toutefois tout à fait respectable pour une autoproduction !
Le groupe a injecté une belle dose de metal dans sa musique, reprenant la formule qui avait tant réussi sur Freedom From Their Hands. Elle reste toutefois très changeante pour le plus grand bonheur des auditeurs. La jouerie des musiciens est remarquable ! Closer n’est pas facile d’accès, tant s’en faut!

S’il ne faut pas remettre en cause cette volonté affichée par le Lac, elle n’est de loin pas exempte de risque ! Autant le dire clairement, malgré de nombreuses écoutes, jamais n’avons-nous pu nous débarrasser de cette sensation d’être submergés et étouffés par les parties vocales. En effet, le chant est trop dense dans le sens où il manque de respiration. Les interventions de Sa Majesté Roy (qui a quitté le groupe depuis la parution de l’album) et du Rôdeur Renaud sont trop nombreuses et là, souvent, ce qui fait l’originalité du groupe confine à la redondance ! Ce qui a été positif pour un EP de 25 minutes l’est moins pour un album de 66 minutes ! Pourtant, Lac Placide reprend deux titres de Freedom From Their Hands, parmi les plus réussis de Closer par ailleurs, dont l’inévitable « Healing ».

Le titre le plus intéressant de l’album est à notre sens « Clown de Dieu », dédié au célèbre danseur russe Nijinsky. Ce titre de seize minutes contient une multitude d’ambiances intéressantes, allant de passages très doux et oniriques à des parties très metal prog. De superbes contrastes pour ce qui est peut-être le morceau le plus ambitieux jamais écrit par le Lac !

Au total, on ne peut cacher un certain désappointement dû en fait au parti pris artistique ambitieux et risqué du groupe. De plus, les meilleurs titres de l’album, outre l’épique « Clown de Dieu », étaient déjà connus. Il faut néanmoins reconnaître l’ambition du groupe et sa volonté d’aller jusqu’au bout dans son originalité vocale. Après, tout est affaire de goût et de nombreux auditeurs y trouveront finalement leur bonheur !