[soon] - End Isolation

01/07/2007

Par Djul

Label: True Music Promotion

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Quatuor venu de Hambourg et formé au début des années 2000, [Soon] développe sur son premier album, End Isolation, un metal moderne et froid, qui trouve sa place dans nos pages grâce à ses arrangements très orchestrés, mais aussi très synthétiques.

Ayant compris, mais peut être un peu trop tard, que le mélange de guitares lourdes et d’inspirations gothiques pouvait correspondre à de belles ventes de disques Outre-Rhin (et ailleurs!), à l’instar de Paradise Lost ou Rammstein, le groupe s’inscrit donc dans cette veine, pourtant de moins en moins au goût du jour. On retrouve donc de nombreuses influences électro sur ce disque, avec parfois, quelques vagues envolées aux claviers ou au chant, qui permettent, tant bien que mal il est vrai, de le raccrocher à la sphère progressive. A ce titre, la voix d’Eric (les membres du groupe n’ont officiellement pas de noms de famille, si l’on s’en tient à leur site web !) rappelle par moments celle du chanteur de Sylvan, avec son très léger accent, et surtout un penchant lyrique assez agréable. On pense aussi à John Crosby, la tête pensante de VAST (le joli « Timid Child »), avec lequel [Soon] partage aussi ce goût des sonorités synthétiques très prononcées, accolées à des rythmiques de guitares massives.

Difficile cependant d’extraire de cette masse sonore compacte un titre plutôt qu’un autre. Citons tout de même « All I Wanted », « Our Isolation » ou « Wounds », à la fois entraînants et graciles (grâce à leur mélodiques refrains), qui ne compensent pas d’autres morceaux à l’inspiration plus que douteuse (« Just An Illusion », à la structure inutilement tordue, « Buried » et ses effets « technoïsants » du plus mauvais goût). La production, puissante mais envahissante, a tendance à uniformiser toutes les compositions, et fait d’un disque qui débute efficacement un disque qui se termine laborieusement.

Dix titres, 41 minutes, et une prise de risque minimum, ce n’est pas avec ce premier essai que [Soon] fera parler de lui, ou justifiera l’apposition d’un label « progressif » à sa musique. On sent bien un potentiel, puisque le groupe arrive à une certaine cohérence d’ensemble (dans le son, notamment), ce qui est déjà un premier accomplissement, mais, et c’est un cliché de le dire, le manque de personnalité reste flagrant. Pas encore convaincu, donc, nous attendrons un deuxième essai pour voir si cette première expérience aura permis au groupe de s’affranchir de ses pesantes références.