Vincent Bergeron - L’art du désarroi

20/06/2007

Par Aleksandr Lézy

Label: Autoproduction

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Vincent Bergeron est un surréaliste du surréalisme. Québécois de vingt-sept ans, il déconstruit pour ne jamais reconstruire. Il joue avec les sons avec une réelle connaissance de l’art du collage/découpage sonore. Basée à la fois sur la dimension classique expérimentale et sur l’approche free-jazz, la musique électro-acoustique (faite maison) de Bergeron réussit l’exploit d’insuffler un caractère novateur à l’expérimentation populaire.
L’ambivalence des thèmes abordés est conceptualisée par l’artiste. Les textes, déclamés de manière poétique offrent une dose d’intellectualisme moderne début vingtième siècle, où la remise en cause des formes et l’exploitation du sens tendent à ouvrir les portes de l’expérimentation, comme le RIO l’a fait pour le rock.
Musicalement abstrait, parfois impressionniste à la manière de Claude Debussy, Bergeron introduit sa voix particulière, étrange, en modulant son timbre de manière atypique dans ce chaos intemporel.
Vincent Bergeron est une sorte de Salvador Dali de la musique, un Pierre Boulez de la musique populaire moderne et c’est ce qui donne tout son charme à l’artiste, malgré une évidente difficulté d’approche et des lois du marché fermées à ce genre d’individus hors du temps.