Redemption - The Origins of Ruin

18/06/2007

Par Aleksandr Lézy

Label: InsideOut Music

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Redemption sort déjà son troisième album. Après deux disques remarqués, parus chez Sensory, voici une surprise de taille que de les voir intégrer l’écurie très sélective d’Inside Out. Cette formation, regroupant des musiciens pour la plupart déjà bien assis dans le métier, s’offre le luxe de rajouter cette signature à sa longue liste de préacquis. Originaire de Californie, le groupe a su en peu de temps se forger un nom et une petite réputation, qu’il est bon de souligner.
A l’origine du groupe, on trouve la rencontre de Nick Van Dyk,guitariste et compositeur, et de Ray Alder, le légendaire chanteur de Fates Warning. Après quelques collaborations, dont un morceau de Nick sur le premier album solo de Ray, les deux hommes se lient d’amitié et s’en suit le projet Redemption, dans lequel on retrouve Bernie Versailles, l’excellent guitariste de Agent Steel, et le batteur de Prymary, Chris Quirarte. Mais malgré son apparence de all stars band, The Origins Of Ruins est là pour nous rappeler à l’ordre et nous prouver que Redemption n’est plus un simple projet ou un groupe éphémère à la Transatlantic …

Pur produit power métal, Redemption s’offre le luxe d’y incorporer des touches progressives grâce à de petits passages techniques accompagnés de synthés et d’une voix mélodique, celle de Ray Alder. Dans la lignée d’un Kamelot, en moins épique, Redemption joue sur plusieurs tableaux : la puissance du heavy, avec ces riffs énergiques et rythmés, mais aussi la finesse du progressif, principalement grâce au chant et aux claviers, la technique se confondant avec le reste sans jamais divaguer vers la démonstration gratuite.
Redemption s’octroie le droit de présenter neuf morceaux, plus ou moins longs, dont deux de près de dix minutes. « Memory » et « Fall On You » se détachent d’ailleurs particulièrement du lot par leur qualité intrinsèque. Les autres morceaux ne déméritent pas, comme « The Suffocating Silence »… sur lequel l’on ne peut s’empêcher d’être tenté de chanter le premier couplet du « Painkiller » de Judas Priest par-dessus le riff principal du morceau… ou bien de secouer la tête sur la fabuleuse partie instrumentale de « Bleed Me Dry » !
Même si l’ensemble de ce nouvel album est plutôt convaincant lorsque l’on n’est pas trop exigeant dans ce genre musical, quelques petites remarques sont à faire. Pourquoi donc a-t-on l’impression que le Ray Alder de Fates Warning ne chante pas aussi bien que le Ray Alder de Redemption ? Pourquoi Tommy Newton, qui avait si bien produit Ark avec les fantastiques Tore Ostby et Jorn Lande, ne fait-il pas mieux que ce son mal dégrossi ? Pourquoi les morceaux de ce correct The Origins Of Ruin se ressemblent-ils tous ? Serait-ce finalement le projet d’un seul et unique individu en la personne de Nick Van Dyk ? On ne préfère ne pas y songer.

Dans la parfaite lignée de The Fullness Of Time sorti en 2005, Redemption poursuit son aventure et propose à nouveau avec The Origins Of Ruin un bon album, qui pêche de ci de là par quelques petits clichés et autres maladresses propres à un style terriblement marqué, mais qui se rattrape par l’excellent niveau de ses musiciens. C’est bien la moindre des choses. On leur pardonnera donc… n’est-ce pas ça, la rédemption ?