Daryl Stuermer - Go

03/06/2007

Par Jérôme Walczak

Label: InsideOut Music

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Daryl Stuermer a été l’un des permanents des concerts de Genesis après And Then There Were Three… Il a collaboré sur de nombreux live de Genesis ainsi qu’avec Phil Collins… Il sera d’ailleurs présent lors de la controversée tournée de reformation du groupe qui aura lieu en 2007.
Il faut avant toutes choses éviter de faire de cette collaboration prestigieuse une marque de fabrique, et l’amateur éclairé de la bande à Collins risque d’être déçu s’il espère retrouver la moindre once de « génésisme » chez cet artiste et dans cet album. Là ne serait de toute façon pas son intérêt.

Go est un fort bon disque, aux sonorités années 90’s marquées, venant rappeler Joe Satriani, période Flying in a Blue Dream ou The Extremist. Il s’agit d’une série de dix instrumentaux dynamiques et assez homogènes. Un des points les plus importants, qui pourra en séduire plus d’un, c’est que cet album « guitar heroe », est dépourvu de violence, la guitare penche ici du côté doux et apaisant de sa force. Les mélodies ne sont pas complexes, ce disque peut s’écouter à très faible volume, le soir, introspectivement. Les amateurs du grand « Always With You, Always With Me » de Joe Satriani (Surfing with the Alien) verront sans doute à quoi il est fait allusion : on écoute sereinement ces petits voyages intérieurs, on suit cette guitare majeure couvrant la plupart des autres instruments. On ne l’entend pas se plaindre, cette guitare, ni hurler ou crier. On l’écoute simplement se promener, se balader dans des contrées agréables.

Ce disque est nocturne, c’est un disque d’insomnies dénuées d’angoisses. On ne dort pas, on a plutôt envie de se poser quelques minutes pour réfléchir et tranquillement, on met Go dans la platine, en se laissant transporter. « Dream in Blue » sent la cigarette de fin de concert, les gobelets écrasés, la sueur et le bonheur lus sur les visages après avoir assisté à un spectacle merveilleux. Ce morceau est tout simplement – pardonnez l’expression – gentil, mais la gentillesse noble, sans la connotation péjorative qu’on accorde parfois malheureusement à ce terme aujourd’hui galvaudé. La guitare oscille entre temps lents et rapides avec un « refrain » très émouvant. « Heavy Heart », lui ressemble, l’introduction rappelle un peu l’atmosphère régnant sur Calling All Stations de Genesis, mais il n’est là qu’en transition habile, puisque la guitare plaintive fait encore une fois son bel effet, en montant crescendo pour un final simplement magnifique. Encore une fois, nous sommes dans l’émotion, c’est l’album qui prend par l’épaule, un disque de réconfort.

Go n’est pas simplement une douce rêverie, certains morceaux sont un peu plus sombres, et c’en est presque un peu dommage, « Meltdown », ou « Breaking Point » n’ont pas forcément leur place dans cet univers, ils sont plus rapides, plus noirs, plus révoltés, même si on reste encore bien éloigné de la fureur d’un Steve Vai, par exemple.

Ce disque est à conseiller, parce qu’il est bon, parce qu’il fait du bien, parce ce que ce grand monsieur connaît son art dans son intégralité. La preuve, il sait le faire partager, le rendre accessible, sans s’étourdir de parties techniques indigestes. Bravo l’artiste !