Zao - In Tokyo

03/06/2007

Par Christophe Gigon

Label: Musea

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Un disque de jazz-rock pour changer du metal progressif très en vogue en ce moment. Zao est une ancienne formation française évoluant dans des eaux jazzées parfois troublées par des ondes « magamaïennes » et débridées. Groupe formé peu après les événements de mai 68, Magma a vu participer en son sein, entre autres, Faton Cohen et Yochk’o Seffer, actuels membres de Zao. Ainsi, la filiation est claire et l’auditeur sait d’office à quoi il aura affaire !

En 1972, Faton et Yochk’o quittent le groupe de Christian Vander pour créer un nouveau groupe, Zao, dans lequel l’improvisation tiendrait toute sa place. Le fameux Didier Lockwood les rejoint pour enregistrer l’album Kawana en 1976. Gérard Prévost y tenait déjà la basse électrique. Une discographie d’une petite dizaine d’albums est disponible depuis la formation de ce groupe pour le moins atypique. In Tokyo, dernière livraison de Zao, est un enregistrement en public en territoire nippon durant l’été 2004. Pour l’occasion, en sus des déjà nommés Yochk’o Seffer (saxophones), Gérard Prévost (basse électrique) et Faton Cohen (claviers), on retrouve François Causse (ex-Gong) à la batterie, Akihisa Tsuboy (gloire locale issue de l’archipel nippon) au violon et la remarquable Cynthia Saint-Ville au chant.

Disque enregistré à Tokyo devant un parterre de fans respectueux et attentifs, album au son cristallin et à la maîtrise technique sans faille, musique à ne pas glisser entre toutes les oreilles néanmoins. Jazz, free-jazz, jazz-rock ou rock progressif ? Rien de tout ça mais un peu tout ça en même temps. Beaucoup d’envolées jazzy et de chants basés sur des suites d’onomatopées, les constructions architecturales développées par Zao constituent un mets raffiné destiné au connaisseur du genre. La marque des compositeurs modernes se fait sentir ainsi qu’une certaine influence des musiques folkloriques par moments. L’influence de formations comme Weather Report se fait parfois sentir également. L’album renferme quelques « classiques » du groupe comme « Free folk », « Atart » et « Isis ».

C’est une musique, certes complexe, mais fraîche et jamais austère. Les musiciens jouent fort bien, la chanteuse possède une voix envoûtante et le tout est servi avec un son d’une propreté inouïe. L’album s’écoute comme un tout et constitue la preuve que musique complexe peut parfois rimer avec émotion et chaleur. A réserver aux amateurs du genre cependant !