Rashanim - Shalosh

25/04/2007

Par Dan Tordjman

Label: Tzadik / Orkhestra

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On le sait, John Zorn est une personnalité hors du commun. Non content de s’impliquer dans de multiples projets tous aussi tordus les uns que les autres, le musicien génial possède également un nez plus que creux et Rashanim en est la preuve.

Ce trio originaire d’Israël mais basé désormais à New York n’en est pas à son premier essai… c’est là son troisième album : Shalosh est en hébreu la traduction du chiffre « Trois ».

Dès les premières mesures d’ « Ein Gedi » on est comme mis en transe par ce mélange de progressif à l’ancienne – où l’on pense à Genesis, Yes ou encore Frank Zappa – avec des éléments et des gammes orientales très courantes en Israël. Rashanim sait aussi se faire un peu plus jazzy comme sur « Yosefa » qui penche vers une musique coulante, légère, avec un swing fait de mesures impaires, similaire à ce qu’avait fait – avec succès – Simon Phillips (batteur de Toto) sur son album solo Vantage Point , mais sans ce petit grain de folie qui émaille les compos de Rashanim. Bien que le guitariste Jon Madof soit la tête pensante de ce trio, les deux autres musiciens ne sont pas en reste et enrichissent leurs parties respectives pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Notons aussi la cohésion incroyable qui se dégage de cette section rythmique, notamment sur « Cracow Niggun » avec ses changements de rythme imprévisibles.

Rashanim couvre une très large variété de styles partant des acoustiques « Ar Aare », « Da’At », « Jerusalem » vers les plus énergiques « Ein Gedi » et « Jacob And Esau », le tout avec une fluidité déconcertante. Décidément il provient d’Israël une quantité de groupes talentueux qui rafraîchissent le paysage progressif international. Nous avions parlé de Trespass dans ces mêmes colonnes, nous pourrions également citer Orphaned Land, figure de proue de la scène rock metal israélienne, mais Rashanim n’a pas à rougir d’une comparaison avec ses confrères.