Lost World - Awakening Of The Elements

15/04/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Musea

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Lost World est un trio russe qui repose sur une base progressive classique (guitares, basse, batterie, claviers) enrichie par de la flûte et du violon électrique. Tout d’abord chantée sur Trajectories (2003), la musique de Lost World devient sur ce Awakening Of The Elements exclusivement instrumentale.

Le très dynamique titre éponyme, bien qu’il ne soit guère représentatif du reste de l’album, laisse présager le meilleur avec sa flûte virevoltante qui évoque celle de Ian Anderson. On ne saurait apposer un style particulier à Lost World, de nombreuses compositions ayant leur(s) « héros » : la flûte, donc, sur Awakening Of The Elements », les guitares (majoritairement acoustiques) sur « Infinity Street » et « Scenery with a Guitar », le violon sur « Simoom » et sur la trilogie « States Of Mind »,… Toutefois, d’évidentes influences parsèment la douzaine de titres que composent cet album : ELP sur « Collision Of The Elements », plus généralement la facette accessible d’After Crying, sans oublier les inévitables références à la musique classique. Une fois n’est pas coutume, c’est Schostakovich qui a droit aux honneurs de Lost World : adapté pour une formation électrique sous le nom de « Schostoccata », son œuvre pour quatuor à cordes numéro 8 subit un traitement plutôt réussi à base de metal et de Steve Hackett.

Si d’une part il faut constater une certaine irrégularité dans le niveau des compositions, l’utilisation de la boîte à rythmes est un autre défaut de cet album. Bien qu’elle parvienne à passer inaperçue parfois (sur « Awakening The Elements », « Infinity Street »), elle peine à trouver sa place dans cette fusion électro-acoustique. On la supporte lorsqu’elle utilise des sonorités typiques de la musique électronique (sur la rythmique très industrielle de « States Of Mind Part I », par exemple), elle devient assez fatigante sur des compositions plus organiques qui auraient gagné à disposer d’un vrai batteur, comme « Simoon » ou « Schostoccata ».

Awakening Of The Elements est un album déséquilibré, où originalité et fraîcheur (« Awakening The Elements », « Schostoccata », « Simoom ») alternent avec convenance (« Over the Islands », « Collision Of The Elements ») et somnolence (« Scenery with a Guitar », « Sky Wide Open »). Pourtant, il n’y qu’un pas à franchir – un vrai batteur, une meilleure production – pour faire entrer Lost Worlds dans le club des formations instrumentales majeures.