Diablo Swing Orchestra - The Butcher´s Ballroom

12/04/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

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Le metal innovant a le vent en poupe ! Non pas qu’il ait jamais cessé d’innover, mais petit à petit, il sort de l’underground dans lequel il était majoritairement confiné. Maintenant que le prog metal classique a dit ce qu’il avait à dire, l’heure de la relève a sonné ! Des artistes un peu en marge comme Sleepytime Gorilla Museum ou Devin Townsend trouvent depuis quelques années un écho favorable dans une presse parfois rétive à la bizarrerie et il est fort à parier que des formations comme Shaolin Death Squad, Unexpect, Indukti et aujourd’hui Diablo Swing Orchestra, aussi différentes soient-elles, pourraient connaître un sort identique.

Sans complexe, les suédois de D:S:O ont décidé de se lancer dans le métal qui groove, qui swingue, direction à ce jour inexplorée. Enveloppée dans une ambiance et des thématiques gothiques, leur musique fait appel à des genres aussi divers que le boogie-woogie, le jazz, le flamenco, le rock’n’roll, la world music et le metal symphonique. Baroque, elle met par ailleurs en avant une très forte dimension orchestrale. Violon, violoncelle et surtout trompettes sont omniprésents et confèrent parfois à l’album un côté « Big Band » assez enthousiasmant. Les lignes vocales sont majoritairement interprétées par la soprano Annlouice Lögdlund, soutenue de temps à autres par le guitariste Daniel Håkansson. La batterie, bien qu’assez mécanique et peu inventive, est un élément central de The Butcher´s Ballroom et impose un rythme enjoué à la plupart des compositions. En somme, seules quelques courtes plages de transition viennent soulager la démangeaison qui anime nos hanches dès le très sautillant « Balrog Boogie ».

C’est à peu près tout ce que l’on peut dire pour parler du contenu de The Butcher´s Ballroom, car seule l’écoute est à même de donner du sens à cette description abstraite. Une certitude néanmoins : jamais rien de tel n’a été fait, ou du moins pas de façon aussi jusqu’au-boutiste. Et que ceux qu’effleurerait la pensée « encore quelque chose d’inaudible » se rassurent : l’œuvre est très accessible, mélodique, mais simplement… inédite ! Pour peu qu’on supporte chant lyrique et riffs acérés, The Butcher´s Ballroom ne peut décemment que séduire car servi par d’évidentes qualités de composition : rythmes accrocheurs, ruptures judicieuses, structure de l’album très dynamique.

Et s’il faut se prêter au jeu des qualités/défauts, autant dire que les seconds sont peu nombreux. Eventuellement, on pourra regretter la quasi omniprésence du chant lyrique. Par ailleurs, le côté très produit de la musique de D:S:O ne favorise pas une écoute d’une seule traite. Mais ces défauts (pour peu qu’on les considère comme tels) sont bien mineurs en regard de l’énormité de ce disque.

The Butcher´s Ballroom devrait fort logiquement produire son petit (voire grand) effet dans la sphère metal et rameuter une foule d’amateurs de nouveauté. Le genre de bouffée d’air frais qui vient confirmer de temps à autres que le metal est encore l’un des genres les plus créatifs. Mais que vont-ils bien pouvoir nous proposer la prochaine fois, ces suédois ?