Lady Lake - Unearthed

01/04/2007

Par Mathieu Carré

Label: Musea

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Les chroniques de disques, ce sont avant tout des questions. Qui ? Quel instrument ? Dans quel but artistique ? Musea réussit l’exploit avec la réédition de ces pistes inédites du méconnu groupe batave Lady Lake à ne résumer toutes ces interrogations en une seule : pourquoi ?
Pourquoi mettre à disposition plus de vingt ans après leur enregistrement ces morceaux qui accusent plus que douloureusement le poids de ces années passées ? A quel hypothétique collectionneur émérite s’adresse ce disque ?

Baptisés Lady Lake en hommage à un album de Gnidrolog (voir notre chronique) à peine moins inconnu que les leurs, les hollandais Fred Rosemkamp (guitare), Leendert Korstanje (claviers), Eddy Baker (basse) et Jan Dubbe (batterie) proposent un rock instrumental progressif dont la teneur en lignes synthétiques simplistes sature les oreilles dès la première écoute. Représentatifs d’une époque qu’il serait idiot de condamner en bloc, mais aussi de l’essoufflement indéniable d’un style musical alors en quête de renouveau, des morceaux tels que « Lady Like » ou « Tea-Time » évoquent surtout la bande son d’antiques jeux vidéo. On pourrait citer comme (lointaines) références les derniers albums de National Health, eux aussi alourdis par trop de nappes de claviers, mais aussi le jazz-rock édulcoré d’alors. C’est d’ailleurs vers ce dernier que se tourne Lady Lake lorsque délaissant les mélodies trop naïves, Fred Rosemkamp nous gratifie de remarquables soli de guitare, peu originaux mais efficaces, malheureusement perdus dans un ensemble peu cohérent – mais irréprochable techniquement – comme sur la plage introductive « Sunburst in Bognor ».

Néanmoins, les deux versions de « The magic Tawanger » qui achèvent Unearthed apportent, malgré une prise de son un peu aléatoire, de bonnes surprises. Plus de simplicité et d’énergie qui s’apprécient réellement…. Jusqu’ à l’horrible morceau-fantôme qu’il aurait été préférable de ne pas écouter…. Résumant tous les défauts cités plus haut, il s’agit bien d’une bande-son d’un éventuel épisode méconnu de Zelda. Le nostalgique trouvera du plaisir à jouer à celui-ci comme peut-être à écouter Unearthed mais il y a fort à parier que les générations actuelles auront bien du mal à éprouver plus qu’une curiosité mi-amusée mi-gênée à la fréquentation de tels vestiges.