Sébastien Froidevaux - Voyages extraordinaires

25/03/2007

Par Christophe Gigon

Label: Autoproduction

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Oui, Sébastien Froidevaux était bien le guitariste de ce surprenant groupe que fut Galaad (qui implosa en 1996 après un chant du cygne magistral : Vae Victis). Et oui, Sébastien Froidevaux est un excellent guitariste au style racé, reconnaissable entre mille même si la «  bande des trois Steve » (Hackett, Howe et Rothery) l’a fortement influencé. Mais non il ne s’agira pas, dans cette chronique, ni de pleurer Galaad, ni de se demander ce que « cela aurait donné si… » . Voyages extraordinaires est un album autonome et abouti. On n’a pas affaire ici à un disque créé par une partie d’un groupe mais bel et bien au deuxième album solo d’un artiste complet pratiquant une musique essentiellement instrumentale pleine de grâce dans la veine de Mike Oldfield, Steve Howe (justement) ou même Joe Satriani et autres Steve Vai. Cependant il serait bon de relever que, même si l’œuvre de Sébastien est dénuée de chant, l’esthétique générale de Voyages extraordinaires a plus à voir avec les climats tissés par des groupes comme Marillion ou Pendragon qu’avec l’univers aride de prouesses techniques des gratteux américains sus-nommés. Ici, foin de démonstrations stériles. Place au voyage…

Et quel voyage ! En effet, après un premier essai en solo autoproduit en 2002 (Six valses désuètes et poussiéreuses) dans un registre fort différent de celui développé dans l’objet de cette chronique (puisqu’il s’agissait de musique de chambre !), Sébastien Froidevaux se lance dans un projet purement progressif du meilleur cru. Ces Voyages extraordinaires sont formés d’une collection de neuf titres aux intitulés pour le moins énigmatiques ! Chaque morceau est unique et autosuffisant même si le concept général de l’ensemble reste le voyage musical, la traversée esthétique, l’émotion par le son. En de nombreuses occasions, des moments de pure magie envoûtent l’auditeur. Certains passages, c’est bien simple, donnent la chair de poule (« Quelques notes de réconfort »). D’autres filent carrément le grand frisson (« La mort de Galaad »). De la musique instrumentale de haute qualité bien qu’autoproduite. Le son est satisfaisant même si on l’on se situe évidemment à mille lieues de la luxuriance sonore d’un Amarok (Mike Oldfield).

Oh, et puis soyons honnêtes ! Les amoureux inconsolables de Galaad vont retrouver quelques uns des charmes de leur défunte amante : envolées de guitare tout simplement touchées par la grâce, mélodies recherchées mais entêtantes, ambiances captivantes. Il ne manquerait que la voix de… Non ! Je m’étais juré de ne pas comparer ce très bon disque au passé lumineux du mendiant disparu. Saluons donc le travail de Sébastien Froidevaux pour ce qu’il est et non pour ce qu’il représente. Et le futur n’a probablement rien à envier au passé. Pour preuve, le prochain album de Sébastien, Au Musée des monstres et merveilles est prévu pour cette année.

Quelques informations pratiques avant de laisser l’auditeur acquérir le disque présenté. Le site de Sébastien Froidevaux est très complet et contient une foule d’informations intéressantes sur lui-même ainsi que sur Galaad. En plus de tout ce qu’il est courant de dénicher sur les autres sites d’artistes, Sébastien a eu une idée qui ravira tous les amoureux de guitare (dont votre serviteur fait partie) : régulièrement, il dépose en ligne des courts métrages didactiques dans lesquels il explique par le menu et avec la plus grande volonté pédagogique (il n’est pas éducateur pour rien !) comment sont construits certains soli de guitare mythiques comme celui de Firth of Fifth de Genesis, Starship Troopers de Yes ou encore Incubus de Marillion. Il est à signaler encore que Sébastien Froidevaux est un «&nbsp ;musicien du dimanche &nbsp ;» comme il se définit lui-même, c’est à dire qu’il n’est pas professionnel et ne vit pas de sa musique. Ainsi, le seul moyen de vous procurer l’un quelconque de ses disques est de le contacter via son site ou par courrier traditionnel.