Hauteville - Data Relief Incomplete

09/03/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Lion Music

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Après huit années de maturation, le domaine de Hauteville sort enfin un nouveau cru de ses caves. Alors que la précédente cuvée était produite par le label de hard mélodique Brennus, ce Data Relief Incomplete s’est vinifié chez Lion Music. Et ce n’est pas une vulgaire poignée de copeaux qui donne sa saveur à ce nouvel album mais un lent et profitable vieillissement dans les nobles fûts du groupe, pour un breuvage auditif plus corsé, au caractère plus affirmé que son prédécesseur.

Un nouveau label, plus dynamique, une nouvelle orientation musicale, plus dynamique elle aussi. En effet, Hauteville nous emmène vers les rivages d’un hard FM / AOR raffiné sans pour autant renier ses premières amours progressives. Dès « Monster », de nombreux ingrédients sont perceptibles : introduction à la IQ, sons électroniques, guitares puissantes, refrain entraînant. Lydie Gosselin, qui en 1998 sur Hauteville se contentait de seconder Cyril Grimaud, prend ici les commandes vocales après le départ du chanteur attitré. Sa voix à la fois émotionnelle et puissante s’adapte à merveille aux différentes variations de la musique éminemment mélodique de Hauteville : sensible sur « Immaculate Eyes », vigoureuse sur « Monster », typée néo-prog sur le lui-même très typé « The Perfect Lens », groovy sur « Like Anybody Hellse », morceau très pop qui peut évoquer Texas. Et si le syndrome de l’accent français n’est pas complètement absent, il n’est guère dérangeant pour qui se laisse emporter par la grande accessibilité de ces compositions aux arrangements travaillés.

Comme il est difficile de tenir un tel niveau sur toute la longueur d’un album, quoi de plus normal de trouver sur Data Relief Incomplete quelques titres plus quelconques. Paradoxalement, c’est le titre éponyme qui endosse une partie de ce rôle, une composition un tantinet plus complexe que les autres, mais qui peine à décoller vraiment. Si l’on ajoute à cela un « Perfectablism » un peu trop répétitif et un final gâché par un instrumental totalement inutile (« There Be Dragons »), on obtient un album très homogène dans sa qualité, traversé ça et là par quelques fausses notes.

Hauteville semble avoir trouvé un style qui lui va à ravir, synthèse subtile et quasiment digérée de genres musicaux qui mêlent rock, mélodie et accessibilité. Espérons que le prochain bond en avant – qui risque d’être décisif – tarde moins à venir que ce Data Relief Incomplete, histoire que d’ici là le groupe ne tombe pas dans d’imméritées oubliettes.