Unexpect - In a Flesh Aquarium

25/02/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: The End Records

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A l’instar d’une vague de nouveaux groupes de prog rock/metal américains, les Canadiens d’Unexpect prônent le mélange des styles, quels qu’ils soient. En effet, le groupe s’auto-définit comme un laboratoire musical mélangeant death et black metal (non, restez !), progressif, classique, gothique, electro, ambient, musique de cirque… cette liste n’est pas exhaustive ! Impossible à la lecture de cette définition – ni même avec la pochette sous le nez – de se faire une idée précise sur le concept musical que propose cette jeune formation de Montréal (ils sont partout ces Québécois !).

Tentons courageusement de faire le tri là-dedans. Pour cela, ôtons la cellophane du disque et le sticker sur lequel figurent fièrement des noms tels que Mr. Bungle ou The Jesus Lizard. Alors que le CD tournoie depuis quelques minutes, une première impression se dégage : Unexpect c’est tout de même un beau capharnaüm. Maîtrisé, s’entend. « Chromatic Chimera » donne le ton : musicalement, c’est le No Smoking Orchestra contre Cradle Of Filth. Vocalement, ce n’est rien de moins que du triolisme entre deux hurleurs assoiffés de sang et une jeune et innocente bergère soprano. Instrumentalement, c’est une débauche sonique parfaitement exécutée par des virtuoses dont la psychopathologie ne fait aucun doute.

Mr Bungle, Atheist, Arcturus… ces noms reviennent souvent à l’écoute de In a Flesh Aquarium. Il est donc normal d’éprouver de la difficulté à suivre le cheminement des morceaux, à ingérer leur structure à la première écoute. Seul « Megalomaniac Trees », par son efficacité de type « prends ça dans ton pif » est rapidement déchiffrable. Les répits, quant à eux sont de courte durée. Ainsi, après deux premiers titres épuisants, l’introduction de « Desert Urbania » vient un instant nourrir le fol espoir d’une accalmie durable. Que nenni. Une grosse minute de tranquillité tout au plus. Certes, il existe bien quelques pauses dans ce déluge de décibels et de breaks insensés, mais elles sont au moins aussi glauques que les passages les plus chaotiques. « Silence 011010701 », par exemple, avec son introduction au violon façon Psychose vire rapidement à un délire ambient malsain, tout comme « Another Dissonant Chord » qui clôt « The Shiver ».

In a Flesh Aquarium pourrait être la bande original d’un film d’horreur burlesque. Il est fort à parier que sur scène, cette hystérie doit prendre toute sa mesure et son sens. Sur disque, il faudra beaucoup d’ouverture d’esprit, de patience et de tranquillisants pour arriver indemne au bout de ce voyage hallucinatoire. Qui en vaut largement la chandelle.