Kansas - Somewhere To Elsewhere

11/02/2007

Par Djul

Label: Magna Carta

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Kansas a connu ses heures de gloire vers la fin des années 70 avec des albums comme Leftoverture, Point Of Know Return ou le double live Two For The Show. Ceux-ci mélangeaient des riffs typiquement hard américain avec des éléments nettement plus progressifs (violons et piano omniprésents, synthés, structures très alambiquées), le tout dominé par la voix extraordinaire de Steve Walsh.

Un bon passage à vide plus tard (les années 80 ayant fait sombrer le groupe sans même que l’arrivée de Steve Morse n’arrive à le sauver du naufrage), Kansas est de retour en 2000 avec Somewhere To Elsewhere. On est ravi d’y retrouver la plupart des éléments qui font de Kansas un groupe exceptionnel ; et ce dès « Icarus II » (suite de « Born On Wings Of Steel »), comprenant l’introduction au piano et la voix (moins cristalline mais toujours aussi flamboyante) de Walsh puis l’arrivée de Kerry Livgren, véritable maître de cérémonie de ce nouvel album (dont il a composé la plus grande partie – on regrettera d’ailleurs que l’effort de groupe n’ait pas été préféré).

Certes, des morceaux plus faibles et moins typiquement hard prog dépareillent un peu l’ensemble, comme « Disappearing Skin Tight Blues » dans un registre… blues (!) ou encore « Grand Fun Alley » dans un registre plus rock americain. De plus, on peut arguer que les compositions manquent de pêche. Des reproches que l’on pourrait faire à d’autres stars des 70’s qui ont fait leur come back, en particulier Blue Oyster Cult, avec Heaven Forbid.

Mais des morceaux tels que « Myriads » (ses superbes breaks, son refrain prenant et sa montée toute en puissance et en finesse), la fausse ballade « Look At The Time » (où s’immisce un riff vicieux au détour de splendides harmonies vocales) ou la vraie ballade (« The Coming Dawn », inspirée) ont leur place sur un album de Kansas. Le groupe a bien compris quelles étaient les recettes qui lui avaient permis de briller il y a vingt ans et, si la méthode est ancienne, ce mélange d’une musique épique et de passages dynamiques reste crédible pour l’auditeur d’aujourd’hui.