PDG - Less Is More...

07/02/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

Site:

Le Québec, nouvelle terre de la relève progressive ? Un label dynamique comme Unicorn Records ou des groupes originaux tels qu’Unexpect, Spaced Out ou Miriodor illustrent l’ébullition de la province francophone du Canada depuis quelques années déjà. En témoigne également le Festival Des Musiques Progressives De Montréal qui pour sa première édition en 2006 a accueilli des artistes reconnus tels que Hatfield And The North ou Echolyn, mais aussi une foultitude de formations locales.

PDG (Pepin, Duquette, Guiguère) est un jeune trio de fusion-de-plein-de-trucs-mélangés progressive originaire de Montréal, formé en 2006 sur les cendres de Ciel-éther, groupe de metal prog. Des claviers et quelques bruitages, une basse ronflante et une batterie tantôt acoustique, tantôt électronique, et c’est parti pour une bonne heure d’un joyeux – ou étrange c’est selon – mélange de genres. Car on trouve à boire et à manger sur ce premier album : de la fusion jazz-prog, du funk, de l’ambient, de la musique quasi-électronique, voire des bribes de RIO… et parfois tout cela au sein du même titre !

Ce foisonnement de styles, cette absence de ligne directrice seront perçus soit comme une pochette surprise de tous les instants soit comme un manque d’unité de l’oeuvre. Le côté parfois trop synthétique de certains titres pourra également jouer en la défaveur de PDG. Néanmoins, Less Is More / Trop C’Comme Pas Assez offre cette diversité rafraîchissante qu’il convient de saluer : de l’ambient dans « Les Geniseurs » ou dans « Psychose », de fortes réminiscences de jazz voire de post-rock dans les deux parties de « Cup And Pace » et dans « D’œil », de la fusion jazz-rock dans « La Première #1 »… il serait inutile de vouloir être exhaustif, tant sont pléthoriques les genres qui passent à la moulinette de PDG, avec réussite souvent, de manière plus tâtonnante parfois. « ça manque un peu de guitares » aurait-on néanmoins envie de dire car après tout, le trio puise certaines de ses influences dans des styles ayant anobli cet instrument. La basse, par contre, est la reine de la fête. Big Bass Pat Duquette porte d’ailleurs bien son nom, aussi bien pour sa maîtrise du groove que pour l’omniprésence de son instrument, mixé très en avant.

Avec un premier album qui part dans toutes les directions, PDG signe un début des plus prometteurs. Une suggestion qui ne vaut que ce qu’elle vaut : enrichir l’espace sonore par l’adjonction d’un quatrième larron (pourquoi pas une guitare ? Un accordéon ? Un triangle ?) et développer les tentatives les plus réussies… elles sont nombreuses !