Dol Ammad - Ocean Dynamics

22/01/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Electronic Art Metal

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Dol Ammad ou « Vangelis rencontre Therion » : il était presque normal qu’une telle fusion naisse dans la patrie du maître des synthétiseurs ! Et comme souvent dans les projets démesurés, un seul cerveau en est à l’origine : en l’occurrence, il s’agit du claviériste Thanasis Lightbridge, auteur d’une démo en 2002 et d’un premier album, Star Tales en 2004 qui posait les fondements de l’« electronica art metal » (sic) de Dol Ammad.

C’est un attirail métallique de haute volée qui se déploie aux côtés des sons électroniques et bidouillages du sieur Lightbridge : un guitariste, un bassiste et le batteur Alex Holzwarth, qui, en bon bûcheron qu’il est, apporte avec lui son rouleau compresseur de chez Rhapsody Of Fire. DC Cooper, en special guest sur un titre, vient donner de la voix et par la même occasion une sorte de caution au concept Dol Ammad. Les chœurs, quant à eux, sont loin de faire de la figuration puisqu’ils constituent la quasi-intégralité du chant présent sur Ocean Dynamics. Ce ne sont pas moins de 14 choristes classiques qui assurent la performance : 7 dames – fort agréables à regarder soit dit en passant – et 7 messieurs. Que certains en prennent de la graine, Thanasis Lightbridge est soucieux de la parité !

Avec une telle équipe, on s’attend à recevoir une volée de speed metal héroïque soutenu par des synthés. C’est en partie le cas, avec des titres comme « Solarwinds » et « Aquatic Majesty » (ce dernier avec DC Cooper), plutôt réussis dans leur genre. Mais ce n’est pas de ce côté-là qu’il faut chercher la véritable spécificité de ce disque. Les compositions les plus intéressantes sont celles où le mélange des trois éléments – metal/chœurs/électronique – est le plus équilibré. Et si tous les titres étaient de l’acabit de « Lava » ou « Thalassa Dominion IV », l’album serait sans doute une grande réussite car ici les sonorités synthétiques ne viennent pas simplement se poser sur une structure métallique mais font partie intégrante du morceau. Malheureusement, quelques plages plus anecdotiques, voire carrément ennuyeuses (le final « Heart Of The Sea » fait très… « best-of synthétiseurs » ), viennent tacher cette jolie toile. Par ailleurs, l’absence d’un chanteur attitré en lassera certainement plus d’un.

Néanmoins, Dol Ammad réussit le tour de force de fusionner l’électronique avec la forgeonnerie. Les amateurs de metal « à chœurs » trouveront l’ensemble sans doute trop synthétique, voire kitsch, diront que la production manque d’épaisseur, tandis que ceux qui apprécient les claviers spatiaux et les bruitages électro considéreront cette adjonction métallique au pire risible, au mieux inconvenante. Mais que l’on apprécie ou non ce mariage, il n’en reste pas moins que Dol Ammad marque sa différence par rapport à ce qui s’est déjà fait dans le domaine. Une fusion certes pas toujours réussie mais artistiquement honorable dans sa démarche.