Everwood - Mind Games

04/01/2007

Par Jean-Philippe Haas

Label: Burning Star Records

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Il n’y a pas que le goulasch, le tokay et le folklore tsigane en Hongrie. Il y a Everwood aussi, groupe de heavy metal à velléités progressives. Crée en 1997 par deux amis d’enfance, Attila Tanczer (un nom prédestiné !) et Viktor Erdos, le groupe s’appellera d’abord Neverwood. Après une demo, de nombreux concerts et les inévitables changements de personnel, le groupe enregistre Mind Games en 2004 et signe l’année suivante un contrat sous le nom d’Everwood avec le jeune label grec Burning Star Records.

La musique d’Everwood rappelle de nombreux groupes de heavy metal symphonique et de prog metal, mais n’est marqué excessivement par aucun d’entre eux. Dream Theater est évidemment passé par là, mais pas davantage que Blind Guardian ou Andromeda, par exemple : une personnalité à part entière, donc, c’est assez rare pour être souligné. Le groupe est aussi à l’aise dans les titres directs et efficaces (« Heart So Cold », « Who’s The One To Blame » ou l’instrumental « Pagan » ) que pour composer des morceaux aux structures et rythmes plus complexes mais toujours mélodiques (« Jeanne d’Arc », « The Two of Us », « The Colonists – Black Leaves Fall »). Les qualités techniques et de composition des musiciens sont indéniables, voire au-dessus de la moyenne. Everwood ne donne pas dans l’à-peu-près et fait déjà preuve d’une grande maturité.

Mind Games aurait donc pu être un excellent premier album si de trop nombreux défauts ne venaient pas gâcher partiellement la fête. Le chant, par exemple. Outre un accent qui froisse parfois les oreilles anglophones, on ne saurait trop conseiller à Balazs Koncz de rester dans le registre râpeux où il excelle, car lorsqu’il monte dans les aigus, le résultat est assez catastrophique. Par ailleurs, si le mixage est bien équilibré et rend justice à tous les instruments, la production reste trop fluette pour donner toute leur dimension à certaines compositions potentiellement très puissantes. Enfin, alors que les sons de clavier sont très présents et jouent un rôle central dans la musique d’Everwood, ils sont aussi très peu variés et parfois sévèrement datés ce qui confère à certains passages un côté « kitsch » involontaire.

De par le talent de ses musiciens, Everwood est typiquement le genre de groupe qui peut exploser et accoucher d’un disque de très haute volée. Encore faut-il qu’il se donne – et qu’on lui donne ! – les moyens d’y parvenir. Peut-être le futur étendard d’un metal magyar en devenir ? A suivre de près.