Conscience - Half Sick Of Shadows

30/12/2006

Par Dan Tordjman

Label: Cheap Noiz Records

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Ceci est un message aux membres du groupe Conscience dont il est ici question. Messieurs, vous êtes, en compagnie d’Innerchaos, Krysalid ou Anthropia les dignes successeurs des InDescent, Time Curve Symmetry ou encore Regency qui ont, hélas, baissé leurs pavillons hissés au début de cette décennie. Vous présentez chacun une particularité et revendiquez une identité musicale façonnée par vos soins qui relève le niveau de notre genre favori, sclérosé depuis moult années par de nombreux clones de Dream Theater.

Vous débarquez avec dans la tête du Megadeth, du Coroner ou du Children Of Bodom pour les riffs ravageurs de « Through Our Windows » ou « Our Lives » ; vous nous servez aussi du Pain Of Salvation jusqu’à plus soif sur « The Cycle », «  When It’s Over » et une touche de Vanden Plas sur « Then Came » montrant que la finesse fait partie de vos goûts.

Alors que certains privilégient la virtuosité en chargeant à l’excès leurs compositions de duels guitare-clavier, vous préférez mettre l’accent sur la « respiration » en favorisant les alternances d’ambiances calmes et énervées, votre marque de fabrique. Cela donne un certain intérêt à votre galette d’autant plus que le temps n’a pas d’emprise sur vos compositions, tout simplement parce qu’on ne le sent pas passer. Prenez garde cependant à ne pas trop abuser des longueurs.

Si le potentiel qui est en vous éclate aujourd’hui au grand jour, attention aux erreurs de jeunesse à ne pas commettre, notamment concernant votre production, messieurs. Les guitares sont bien présentes il n’y a rien à redire là-dessus, mais la batterie mérite un meilleur traitement : rendez justice à la finesse de votre forgeron en chef, Nicolas Duc Dodon, il le vaut bien. De même, réhabilitez les chœurs (à peine audibles ici et parfaitement placés dans le mix là) d’Hervé Pfeiffer et Cyril Stauder : ils le valent bien eux aussi. Matthieu Gerbin, ne changez rien, votre voix colle bien et plus encore en concert !

Que vous réserve l’avenir ? Personne ne le sait, mais si vous remettez le couvert avec Bertrand Drécourt derrière la console, gommez ces fautes de production ! Le reste, n’y touchez pas, le monsieur aime la guitare et ça s’entend très bien ! Signé : le chroniqueur de Progressia – fut un temps, il aurait pu être concerné par ces quelques lignes – qui vous salue bien.