Secret Oyster - Astarte (Rééd.)

13/12/2006

Par Brendan Rogel

Label: The Laser's Edge

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Comment définir un album dans son ensemble lorsque chaque morceau est plus riche et varié que le précédent ? C’est pourtant sous forme d’une seule et unique pièce que Secret Oyster conçût Astarte en 1975 lorsque le directeur artistique Vivi Flindt leur proposa d’accompagner son ballet Vidunderlige Kaelling en musique. On connaissait l’opéra-rock, voici le ballet-rock !

A défaut de savoir ce que valait cette pièce, la musique en donne déjà une bonne idée. Le temps que l’introduction mette l’auditeur en condition et le voyage commence sans surprise avec « Sirerne », jazz-rock des plus classiques entre le style clinquant de Weather Report et le son caractéristique du groupe. Pour la suite, les jeunes danois développent une nouvelle palette sonore et quittent peu à peu la fusion pour s’essayer à diverses musiques du monde. Claus Bøhling sort alors la cithare pour une incursion dans les musiques orientales (« Astarte »), la mandoline et l’harmonica (« Valse Du Soir »), quand ce n’est pas pour tout simplement groover sur son manche de guitare (« Bellevue »). Le disque se présente donc comme un enchevêtrement d’essais dans différents domaines, qui se voit être malheureusement gâché par un travail sur le son qui ne sera pas aux goûts de tous (« Tango-bourgoisie » aurait entre autre gagné à avoir des claviers aux sons moins synthétiques). La pièce se referme finalement avec le même thème qu’en introduction, les musiciens y vont chacun de leur petit soli (et s’imposent définitivement comme des virtuoses hors pair)… Oui, c’est déjà fini, et on ne s’ennuie pas un moment pendant ces ridicules 36 petites minutes. Comme en réponse à l’appel de détresse de l’auditeur, Laser’s Edge a généreusement agrémenté sa réédition 2006 de trois pistes inédites.

Ce troisième album devrait mettre tout le monde d’accord, les Secret Oyster ne sont pas seulement des virtuoses, mais de véritables compositeurs sachant traverser cultures et musiques en ajoutant leur petit grain de sel personnel.