Secret Oyster - Sea Son (rééd.)

10/12/2006

Par Brendan Rogel

Label: The Laser's Edge

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Né un beau jour de 1973, Secret Oyster importe au Danemark une musique alors à son apogée. Empreint du jazz-rock voire du canterbury, leur son oscille entre le Mahavishnu Orchestra et Caravan, le tout saupoudré d’une pincée de psychédélisme. Sea Son sorti en 1974, est leur second album.

De la puissance et du rythme, c’est la recette d’un bon jazz-rock et ils le font dans les règles de l’art. Les musiciens ont du potentiel et ne perdent pas une occasion de le faire remarquer au travers d’innombrables soli en tout genre. Au contact de Claus Bøhling, la guitare devient tantôt « bluesy » tantôt aérienne, et n’hésite pas à s’entremêler aux claviers de Kenneth Knudsen ainsi qu’aux interventions (parfois un peu trop en retrait) de Karsten Vogel aux saxophones alto et soprano. L’apparition d’un nouveau bassiste et surtout d’Ole Streenberg à la batterie, bien plus inventif que son prédécesseur, offre une section rythmique désormais mieux mise en avant. Une fois sous cette forme, Secret Oyster restera exactement le même pour les trois et dernières années de carrière qui suivront.

Bien qu’au premier abord le talent d’improvisation des danois semble primer, force est de constater que ceux-ci savent mettre leur virtuosité de côté et se révéler d’excellents compositeurs, tant sur « Painforest » que sur le bouillonnant « Paella ». Il persiste bien quelques mélodies somme toute banales (on pense à « Mind Movie » et « Pajamamafia ») mais rien de dramatique en soi.

La récente réédition de Laser’s Edge s’avèrera aussi intéressante pour les fans de la première heure puisque ledit label a eu la générosité d’ajouter en bonus trois morceaux d’époque inédits (même si le morceau « Sea Son » n’est qu’une redite de « Pajamamafia » sensiblement remaniée). Elle permettra aux novices de découvrir un album qui aurait pu injustement tomber aux oubliettes du jazz-rock.