Little Atlas - Surface Serene

07/11/2006

Par Jérôme Walczak

Label: ProgRock Records

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Little Atlas, groupe originaire de Miami, propose ici avec son deuxième album le rock progressif le plus classique de la fin des années 90 : un son de guitare présent sans être trop agressif, un déversement de claviers faisant immédiatement penser à Clive Nolan (« Faceless », « Can I find it ») et quelques rares intrusions réussies dans la musique ethnique (« Changeover »). La tonalité générale de cet album peut être résumée ainsi : du rock FM solide, souligné notamment par le chant et la guitare autour desquels s’entrelacent des ambiances progressives efficaces, bien que déjà entendues.

La touche progressive de Little Atlas est toutefois bien amenée, harmonieuse, et elle s’avère être la digne héritière des nombreux artistes qui ont influencé le groupe floridien. On pense à Spock’s Beard, évidemment, et la voix du chanteur Steve Katsikas n’est pas étrangère à ce rapprochement. Les rencontres entre les claviers et la guitare ne dépareraient pas dans les productions les plus récentes de Yes (« Dance ») et il arrive même, sans qu’il faille chercher trop longtemps, que Genesis, voire Queen fassent une apparition discrète et émouvante au fil des écoutes (l’introduction de « Momentary Thread », par exemple). Ce jeu des influences ne doit pas faire juger trop sévèrement Surface Serene car ce disque recèle quelques magnifiques compositions, « Can I find it », notamment, qui aurait tout à fait sa place parmi les morceaux les plus classiques du progressif de ces quinze dernières années.

On reprochera toutefois à cet album une absence de structure cohérente car les morceaux ne sont pas vraiment pensés les uns par rapport aux autres. On souffle quelques instants et à peine a-t-on le temps de plonger dans une atmosphère qu’aussitôt un riff de guitare vient nous réveiller et nous faire partir dans une direction pratiquement opposée. L’enchaînement « Momentary Thread – Collapsing » en est un bon exemple : à peine a-t-on quitté une balade aux relents « freddy mercuriens » qu’on tombe en plein baroque, pour finalement déboucher sur une composition assez métal heureusement adoucie par de petits gimmicks au clavier et au violon.

De même, quelques pistes auraient pu être approfondies : « Glacier », par exemple, est beaucoup trop court (3 min 56 seulement) et aurait mérité que le groupe s’y attarde un peu plus : quelques petites gammes de piano, une nappe de synthé bien planante, une montée très progressive sont les points forts d’une très jolie balade à laquelle il manque la conclusion grandiloquente qu’on attendrait par exemple chez Yes. Surface Serene charme tout de même par ses compositions et devrait plaire aux amateurs de Spock’s Beard, ou encore à ceux d’Echolyn (un Echolyn un peu moins énervé et rugueux, toutefois…). C’est un disque joyeux, qui, s’il ne surprend pas l’amateur éclairé par son originalité, permet à l’auditeur moyen de passer un très bon moment.