A.C.T. - Silence

02/10/2006

Par Dan Tordjman

Label: Intact Records

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Si vous nous lisez depuis longtemps, il est donc inutile de vous présenter A.C.T., formation Suédoise auteur d’un Last Epic qui avait bluffé vos serviteurs à tel point que, devant la distribution quasi-confidentielle et injuste de cette perle, Progressia avait un temps servi de plate-forme pour pouvoir mettre la main sur ledit joyau et ce, en accord avec le groupe.

De même, Progressia s’est réjoui, il y a peu, de vous annoncer qu’A.C.T. est enfin membre de l’écurie Inside Out. Vous pourrez bientôt trouver Silence près de chez vous sans grande difficulté. Après le conceptuel Last Epic, Jerry Sahlin et sa bande proposent donc un joli tour de force avec ce nouvel album qui présente deux facettes des A.C.Tors. Il convient cependant d’être clair et de planter le décor immédiatement : Silence nécessite de nombreuses écoutes à la différence de ses grands frères qui accrochaient immédiatement. Essayons de comprendre pourquoi il faut tant d’écoutes alors que ce qui faisait le charme et l’intérêt d’A.C.T. était cette facilité d’assimilation.

La première facette est du A.C.T. pur jus, où l’on retrouve la marque de fabrique de Sahlin et compagnie : ce mélange de progressif, de rock et de pop. Oui, A.C.T revendique l’influence de Queen et de Saga comme sur « Into The Unknown » ou « Hope ». Il le revendique à travers l’apparition de nouveaux éléments, comme le synth bass, judicieusement employé par Peter Asp sur « Out Of Ideas », une addiction à ELO. Mais les véritables sommets de cette première partie ont pour nom « Useless Arguement » et « Puppeteers », qui à n’en pas douter, sont appelés à devenir de futurs incontournables du groupe en concert.

La seconde partie renoue avec les Long One présents sur les albums Today’s Report et Imaginary Friends : de courts morceaux qui s’enchaînent et forment un titre plus ou moins épique. Ici on y découvre une face plus sérieuse et plus sombre du groupe, tant musicalement que textuellement, notamment sur « Joanna » et « A Wound That Won‘t Heal ». Et le côté obscur de la force semble être bénéfique car les musiciens sont au sommet de leur art notamment Thomas Lejon et Ola Andersson. Le premier cité propose un jeu plus aéré, simple et plus groovy, aux antipodes de ce qu’il joue avec Andromeda et insuffle une relative puissance aux compositions. Quant au guitariste, il est toujours empreint de ce sens mélodique, moins démonstratif mais toujours avec ce bon goût qui le caractérise, sans abus de triples croches.

Autre fait qui n’est pas anodin : la production du groupe est plus légère et moins heavy, ce qui a probablement pu séduire certains fans. Mais force est de constater que Martin Hedin, producteur et compère-claviériste de Lejon pour Andromeda, a su redonner un nouveau son qui correspond mieux au groupe en trouvant un équilibre entre légèreté des mélodies et puissance de la batterie et des guitares sur certains titres (toujours « Useless Arguement »).
Après de multiples écoutes attentives, on peut conclure que ce disque s’inscrit dans la continuité des trois précédents chapitres discographiques des Suédois. De ce fait, il constitue une autre perle Made in Sweden à vous procurer de toute urgence !