Koun Koun - EleKtra

26/09/2006

Par Mathieu Carré

Label: Autoproduction

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Koun Koun est un groupe originaire de Tarbes qui mène sa barque depuis maintenant près de dix ans. Au duo initial formé de Rv et Alex, se sont progressivement greffés quatre autres protagonistes pour arriver à un combo plutôt détonnant: un batteur, un guitariste, un percussionniste également joueur de didgeridoo et… trois bassistes ! Ajoutez à tout cela des multiples effets, et samples gérés par les musiciens et vous aurez une idée de l’étendue musicale à la disposition de l’auditeur.

N’hésitant pas à revendiquer comme influences à la fois King Crimson, les Chemicals brothers, Ozric Tentacle ou The Cure, Koun Koun multiplie ses explorations pour mieux les insérer dans leur production basée sur une rythmique surpuissante. Et le résultat étonne: ce mélange atypique donne à l’ensemble une impression de voyage musical autour du monde en 4X4 sans pot catalytique…. On regrette donc que sur la majorité des titres, les touches exotiques mises en avant en introduction soient le plus souvent ensuite un peu submergées par la cavalerie lourde, d’autant plus que les sonorités orientales ou les saillies de didgeridoo titillent agréablement l’oreille. D’autres intrusions telles les trois secondes de flûte à bec au milieu du morceau « KnighTmaRes » sont quant à elles purement anecdotiques. Ce titre reflète d’ailleurs bien l’univers de Koun Koun : intro grasse à la Black Sabbath au réveil, ambiance dub, flûte donc puis riffs surpuissants auxquels s’ajoutent enfin des choeurs féminins. Hétéroclite mais diablement enthousiasmant.

Tout l’album navigue donc entre ces deux pôles. D’un coté, des riffs ultra efficaces, des soupçons de dub agréables et une rythmique à toute épreuve, et de l’autre des samples parfois superflus, et des touches musicales colorées et décalées qui peinent un peu à se faire une vraie place au sein de ce grand barnum. Le chant est également un peu frustrant, plein d’énergie mais incompréhensible la plupart du temps.

Cependant, c’est souvent l’enthousiasme dégagé par l’ensemble qui prédomine lors de l’écoute. Un tel groupe doit vraiment se révéler sur scène… Le second disque, précurseur d’EleKtra est d’ailleurs un album live. Quelques titres repris dans ce dernier y sont joués, dont la très bonne introduction « Knou ». Malheureusement, le public est très peu présent et la qualité de l’enregistrement moindre que pour l’album studio. Mais étant donné que ce disque semble maintenant épuisé, il n’y rien de catastrophique… Les curieux prêts à entendre une musique accessible, variée et puissante pourront donc se procurer EleKtra, et ne devraient pas manquer un concert de ce combo du Sud-ouest qui doit réellement fournir toute sa puissance en live.

[Note du rédacteur en chef adjoint of powaaa: les deux albums sont entièrement écoutables sur le blog du groupe.]