Mythological Cold Towers - The Vanished Pantheon

17/09/2006

Par Jean-Philippe Haas

Label: Firedoom Music

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On connaissait le rock progressif en provenance du Barhein, le grind core mexicain, le RIO indonésien, le black metal camerounais, voici maintenant le doom brésilien. Il s’appelle Mythological Cold Towers, il n’en est pas à son coup d’essai et se défend plutôt bien.

Signé récemment sur Firedoom, label finlandais réputé dans le microcosme du doom metal, MCT sort avec The Vanished Pantheon d’un anonymat jusque là quasi-total. Auteurs de deux albums quelconques datant de 1996 et 2000, les brésiliens passent très nettement dans la catégorie supérieure avec cet album. L’imagerie mortuaire, les pseudonymes ésotériques et le thème des civilisations perdues et de leurs divinités restent évidemment de rigueur, mais musicalement parlant, MCT essaie de se démarquer – de se dépêtrer, devrait-on dire – des nombreux clichés du genre. Tout d’abord, le groupe prend son temps pour faire entrer l’auditeur dans des atmosphères symphoniquement macabres : l’album totalise cinq titres s’étalant sur sept à douze minutes. Tempos généralement moyens, murs de guitares/rouleaux compresseurs, nappes de claviers inquiétantes, double pédale martelant quasi-incessamment et ambiances angoissantes sont les caractéristiques principales de The Vanished Pantheon. L’ensemble peut évoquer My Dying Bride ou certains groupes de black metal symphonique. Le chant – ou plutôt le râle – n’est aussi bon que lorsque le dénommé Samej donne l’impression qu’on égorge des chats (sans doute qu’ils ne sentaient pas bon, ces chats-là) ou qu’il tente vainement de régurgiter une tronçonneuse qu’il aurait avalé par mégarde. Il n’est dès lors que plus reposant d’entendre au détour de ses vomissements de vagues chœurs ou un nuage de chant, disons « plus clair », dans un style incantatoire. C’est le cas plus particulièrement sur les deux dernières compositions, « Ancestral Solar Emblem » et « The Vanished Pantheon ». Si l’aspect monolithique, pour ne pas dire soporifique de certains morceaux peut sévèrement rebuter (« When The Boredom… », pardon, « When The Solstice Reaches The Apogee »), quelques compositions contiennent des variations intéressantes, qu’il s’agisse de changements de rythmes ou d’accalmies mystiques (là encore sur « Ancestral Solar Emblem » et « The Vanished Pantheon »).

Reste que l’album souffre d’une production un peu fluette qui diminue sensiblement l’impact de l’ensemble. Mais ces bougres de grosses brutes brésiliennes parviennent malgré tout à tenir la dragée haute à nombre de leurs concurrents et à défaut d’être originaux, ils ne sombrent jamais dans la mauvaise imitation. Le doom latino-américain semble donc avoir de beaux jours devant lui. A quand le post-jazz-musette paraguayen ?