Liva - Requiem

17/09/2006

Par Jean-Philippe Haas

Label: Stoke Records

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Que peut-on attendre d’un disque dont le sticker accueille à bras ouverts les fans de Therion, Nightwish et de metal néo-classique en général ? Un énième ersatz des groupes susnommés, moins inspiré et moins bien produit par-dessus le marché ? A vrai dire, dans un domaine où la concurrence est rude entre semi-divas et pseudo Mozart métalliques, Liva s’en sort avec les honneurs. Récemment distribué en Europe, Requiem date en réalité de 2002. Le groupe québécois, crée en 1997, sort en 2001 une demo qui sera suivie de près par le présent album. Parallèlement à ce travail de studio, Liva peut se targuer d’avoir une expérience scénique déjà bien fournie et prestigieuse, en ayant notamment assuré les premières parties canadiennes de pointures comme Voïvod, Therion ou encore Nightwish.

Côté textes, Liva a choisi l’option du latin intégral. Un choix courageux (un peu précieux, diront les mauvaises langues) mais obligatoire en regard du thème traité : le Requiem, la messe des morts. Tout au long des onze compositions, les borborygmes d’outre-tombe et le baryton de Pier Carlo Liva alternent avec la voix de soprano de Catherine Elvira Chartier qui ne se contente pas de jouer les simples interprètes puisqu’elle assure également les parties de violon alto.

Contrairement à la concurrence, les compositions de Requiem n’ont pas pour vocation principale de faire sortir au public un glaive étincelant de son fourreau. Liva ne s’encombre pas de refrains faciles à retenir, de soli interminables qui permettent aux musiciens de prendre la pose et autres artifices usés jusqu’à la corde. Leur musique n’en est pas pour autant difficile d’accès, elle est simplement moins stéréotypée que de coutume ce qui constitue déjà en soi une forme d’originalité. Au gré du texte, des titres très limpides dans leur structure (« Dies Irae », « Hostias ») côtoient des compositions plus complexes (« Tuba Mirum », « Sanctus »).

Malheureusement, la production n’est pas tout à fait à la hauteur des ambitions du groupe et sonne un peu « juste » sur certains passages. Il en est de même pour les soli de guitare du sieur Pier Carlo Liva qui, s’il assure à merveilles les rythmiques les plus diverses, s’empêtre parfois dans ses débauches de notes.

Ces quelques bémols mis à part, le groupe a tout de même le mérite de vouloir assaisonner différemment une préparation devenue fade au fil des dernières années. Un encouragement franc et massif, voilà la moindre des choses qu’on puisse adresser à Liva.