The Aurora Project - Unspoken Words

10/09/2006

Par Julien Damotte

Label: DVS Records

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The Aurora Project est un jeune groupe hollandais signé chez DVS Records. Le groupe se montre très ambitieux, et ce dès le premier album, puisque Unspoken Words est un concept album inspiré d’un essai écrit par Marc Gooijs, l’un des guitaristes. Avec ce disque, le groupe propose d’emmener l’auditeur dans un voyage spirituel mais également surnaturel basé sur le postulat : « je ressens, donc j’existe » (« I feel so I exist »).

Après une entrée en matière un peu molle, The Aurora Project montre son vrai visage et « The Betrayal » est une véritable réussite. Ce titre très rythmé flirte avec le metal progressif dans le refrain, tout en gardant un côté assurément groovy grâce à une basse très présente. Un titre très réussi qui laisse présager un album passionnant. Et pourtant, dès le premier interlude parlé « SD 9796.823 » (il va y en avoir cinq !), le rythme se brise et ne redécollera que très rarement. Si l’on excepte le solo de « The Untold Prophecy » (très peu original par ailleurs), la fin de « The Gathering » ou le riff très typé Symphony X de « The Resurrection » », Unspoken Words reste assez laborieux à l’écoute. En effet, les morceaux tous plus planants et lents les uns que les autres sont entrecoupés de monologues aussi longs que dispensables. L’unique intérêt de ces narrations est bien entendu de raconter l’histoire et développer la thèse de l’auteur. Le plus long d’entre eux « System log [9608,10987] » avoisine les six minutes et il est fort probable que mêmes les plus anglophones d’entre nous passeront directement au titre suivant. Le titre de l’album a donc été soit très mal choisi, soit choisi avec ironie puisque les mots sont tout sauf tus!

Les influences de The Aurora Project sont de plus très marquées. La voix de Dennis Binnekade fait tout de suite penser à Steven Wilson (Porcupine Tree) ou encore Mariusz Duda (Riverside). Malheureusement, il est loin d’égaler ces deux références et ses interventions manquent parfois de justesse (sur la fin de « The Untold Prophecy » par exemple). Les influences de Pendragon, Tool ou encore Porcupine Tree sont indéniables mais le groupe manque peut-être un peu de technique pour rivaliser avec ses maîtres. Pourtant, on ne peut pas dire que le groupe n’ait pas atteint du tout ses ambitieux objectifs. Réaliser un album concept si personnel de A à Z (artwork, production, promotion) n’est pas donné à tout le monde et les protagonistes sont probablement fiers du résultat. Dommage donc qu’il soit si difficile d’adhérer à leur cause pourtant très louable.

Signalons enfin que l’album a mis six longues années à voir le jour et qu’il en résulte quelque chose de peut-être trop réfléchi, pas assez spontané. Mais fort de cette première expérience, gageons que le groupe saura rebondir et proposer un deuxième album à la hauteur de ses ambitions.