Ghiribizzi - Pan'ta Rhei

31/08/2006

Par Justin Poolers

Label: Autoproduction

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Groupe belge anglophone, Ghiribizzi offre avec ce Pan’ta Rhei son deuxième album depuis sa création en 2000. Né probablement de leur imagination sans limite, ce nom si difficile à épeler restera sans doute dans la mémoire pour avoir essayé dix fois de le prononcer. En sera-t-il de même pour la musique ?

Pas si difficile que ça à écouter, somme toute, cet album. Plus conventionnelle que le nom qu’elle porte, cette musique reste bel et bien dans les sentiers battus par les dizaines d’aînés internationaux depuis les débuts de ce que l’on a nommé « néo-prog ». Et oui, encore un clone vocal de Gabriel / Fish, comme si ce timbre si particulier avait marqué à tout jamais le petit monde du progressif… Comment ? Il l’a fait ? D’accord, on ne peut choisir sa voix, pas plus que sa famille ou les trottoirs d’Alger etc… Il reste cependant que le « déjà-entendu » pourrait se faire lassant, voire exaspérant tant les prétendants remplaçants se font nombreux dans les groupes actuels. Bref, parlons un peu musique. Ghiribizzi propose sur cet album un rock progressif dans les structures et la multiplicité des idées, aux ambiances « néo » vitaminées. Sans user des clichés du genre, le groupe se la joue parfois métal sur certains titres, au milieu de multiples autres genres mélangés, parfois avec un goût douteux. Au niveau technique, là, rien à dire, ça joue. Les trois claviéristes (!) s’en donnent à cœur joie dans la construction harmonique, tandis que le guitariste bataille avec succès pour se faire une belle place. La base rythmique, robuste, nous montre que nous sommes en face d’un solide groupe constitué de bons musiciens, au service d’une musique plutôt ambitieuse. Tous les éléments sont donc réunis pour une réussite artistique, mais voilà, d’autres facteurs viennent malheureusement gripper les rouages de la machinerie. En effet, il manque aux morceaux constituant cet album un je-ne-sais-quoi d’originalité, un manque d’approfondissement des bonnes idées, et une cohérence sans laquelle il n’y a pas de chef d’œuvre. Et puis soixante quinze minutes, n’est-ce pas trop long lorsque l’on veut faire mouche auprès de nouveaux auditeurs ?

En définitive, Pan’ta Rhei est un bon album. Un de plus parmi la pléthore de bons disques actuels, mais il lui manque de quoi se différencier de la masse. En utilisant des ingrédients trop courants dans sa mixture et sans arriver à faire ressortir suffisamment de personnalité, la route de Ghiribizzi risque de s’avérer longue vers la reconnaissance.