Ahleuchatistas - The Same and the Other

02/08/2006

Par Aleksandr Lézy

Label: NFI

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Ahleuchatistas, c’est toujours ce power trio américain composé de Derek Poteat à la basse, Sean Dail à la batterie et Shane Perlowin à la guitare. Seulement un an après la sortie de leur premier album On the Culture Industry, c’est au tour de The Same and the Other de faire son apparition, avec encore une fois une très belle pochette pourtant si terrible à regarder. La guerre les marque beaucoup et la musique est pour une manière de militer contre celle-ci. Si la pochette est marquante, la musique le sera-t-elle autant ?

Tout d’abord, la durée du disque significativement courte. En effet, vingt-huit minutes c’est la moitié du précédent ! Pour douze titres, ça fait court. Mais peu importe, l’important, n’est-ce pas la qualité ?
Cependant, le ton est vite donné, le math rock côtoie désormais le « jazzy noisy ». Tous les morceaux possèdent leur thème propre, certes bruitiste mais ils restent fredonnables … enfin quand même difficilement … C’est rapide, technique, par bribes de boucles tantôt symétriques, tantôt asymétriques aussi. La batterie frappe fort, remplit bien l’espace et le temps, en foisonnant d’idées. La grosse basse est bien lourde et à cheval sur la guitare et la batterie. La guitare propose les « mélodies ».

Tout est maîtrisé, intelligent. Il n’y a pas de doute, ce groupe a bien progressé et s’est enfin trouvé dans ce qu’on appelle le « brutal prog » comme Orthrelm, Hella ou bien Upsilon Acrux par exemple. Les bases avaient été posées avec On the Culture Industry mais il n’y a ici plus aucun doute sur la direction musicale souhaitée. C’est clair, certes concis, mais fait avec beaucoup de tempérament et d’audace.
La production est très nette et le côté brut mais soigné apporte l’intensité nécessaire à cette musique. Le groupe a laissé tomber les passages atmosphériques bruitistes.

Ahleuchatistas démontre sa grande capacité à évoluer en peu de temps. Le résultat est surprenant même si une frustration pointe son nez à la fin de cette toute petite demi-heure de musique. Pas facile d’approche pour tout un chacun mais The Same and the Other s’avère être très recommandable.