Alyss - Emergency (EP)

16/07/2006

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Autodistribution

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C’était en 1985. La jeune République et Canton du Jura venait de s’extirper des griffes de l’occupant bernois (pour plus d’informations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Canton_du_Jura ). Dans cette région d’un peu plus de soixante mille habitants, une petite scène metal venait de naître sous l’impulsion de Serge Kottelat et sa bande, Sacrifice, dont l’album On the Altar of Rock a fait bien des émules allant du rock hard paillette à l’américaine de Shangai au metal extrême des monstrueux Ugly Preservatives.
Et bien Alyss, dont les membres sont des musiciens qui n’en sont pas à leur premier essai, est un des derniers nés de cette scène qui a toujours été active et qui est actuellement « dominée » par le post-hardcore de Forceed. Alyss a été fondé en 2005 et présente là son premier CD 5 titres d’une vingtaine de minutes, Emergency. Evoluant dans heavy rock mid-tempo mâtiné de petites couleurs emproguées, Alyss a tout pour intéresser le lecteur de Progressia.

Ce qui frappe tout d’abord, c’est la qualité absolument parfaite de la production. Enregistré en 2005 dans le moderne studio Artsonik, Emergency a bénéficié de conditions d’enregistrement optimales sous la houlette de Carryl Montini, dont la production met parfaitement en évidence chaque instrument, en particulier la finesse acérée du jeu de batterie d’Alain « Dreumz » Widmer, admirablement soutenu à la basse par « Fréd » Grandclaude. Ensuite, la qualité des compositions est indéniable. Même si certains passages ou riffs ne sont pas des plus originaux, le groupe affiche une belle personnalité, en particulier sur les puissants « Secret Person » et « Scars ». On peut noter aussi de petites touches post-rock, par exemple dans le suave « Little Boy ». Alyss adopte une approche très directe et les deux guitaristes, Fred d’Amonico et Fabrice « Touf » Rottet, ne s’embarrassent pas de solo inutile, cependant que Anthony « Touns » Chételat use à merveille de son organe vocal, dans un style rock hard très classique.

Ce qu’on peut regretter – mais après tout il ne s’agit que du premier essai du combo jurassien -, c’est en fait que la production soit trop parfaite et trop lisse. On sent qu’Alyss en a gardé sous la savate. Face aux machines de guerre qui sévissent actuellement sur la scène romande, Kruger, Kehlvin, Knut ou autres Forceed, ce détail peut faire la différence. Toutefois, ce premier EP d’Alyss laisse présager une suite des plus positives. Le pays des merveilles n’est peut-être pas loin !