N.I.M.B.Y. - Songs for Adults

15/07/2006

Par Aleksandr Lézy

Label: Ad Hoc Records

Site:

En quoi consiste N.I.M.B.Y. ? Tout simplement, façon de parler, de la réunion de quatre vétérans de la génération Rock In Opposition : Jerry Wheeler, Dave Kerman, James Grisby et Bob Drake, autant de noms qui nous font penser aux grosses pointures du genre : Motor Totemist Guild, Hail, 5uu’s, Thinking Plague ou bien Giant Ant Farm. Il suffit de se réunir chez Bob Drake dans le sud de la France, se prendre quatre jours et laisser divaguer son imagination autour de la musique du guitariste Grigsby. N.I.M.B.Y. pourrait être la contraction ou l’acronyme de Not In My Backyard, on l’espère pour eux … qui aux Etats-Unis [NdRéd. : partout ailleurs aussi] signifie le fait de ne pas accepter le développement de structures dans sa localité mais ne la refusant pas chez les voisins, bref …

Quinze titres tournant autour du thème de la crise de la quarantaine ! Une prise de conscience de musiciens plutôt aguerris sur le ton de l’humour, sujet particulier et original mené de manière singulière. L’ensemble du disque est plutôt pop, ce qui est d’ailleurs surprenant. Avec l’âge, il faut croire que l’on se calme un peu. Pourtant, il est très intéressant de voir comment se mélangent les structures simples comme complexes, les expérimentations à l’intérieur de plans rock quelque peu communs comme une sorte de déstructuration à peine perceptible.
Les morceaux sont plaisants sans être révolutionnaires et/ou caractéristiques du mouvement RIO. L’idée est sûrement de sortir de la routine et de créer quelque chose de différent, ce qui est tout à leur honneur. Les compères, il est vrai, n’ont plus grand-chose à prouver tant leurs œuvres sont primordiales dans le genre. Cependant, on a du mal à être convaincu. Bien sûr, il n’y a rien de catastrophique mais il n’y a rien non plus de fantastique. L’énergie est en demi teinte, même si l’humour est lui au rendez-vous dans les différents textes et la musique qui accompagne chacun, prenant la forme de bossa dans « Detour de Jour » par exemple.
Des titres se détachent vraiment par leur aspect RIO comme « Tatoo Removal » et « Helper Monkey », quant aux autres, le côté pop, leur fait perdre une intensité et un sens dans la direction musicale recherchée. Musicalement, on se trouve pris entre U-Totem, Echolyn et Slappy Happy avec un soupçon des Beatles mais il semblerait que l’intérêt réside plus dans le bonheur de retrouver les protagonistes de ce disque un poil décevant.