Yngve Guddal, Roger Matte - Genesis for 2 Grand Pianos II

02/07/2006

Par Sébastien Crépy

Label: Musea

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Genesis… Two Grand Pianos… Nous aurons deviné qu’il ne retourne pas de quatre violoncelles sur ce disque. Nous pouvons également ajouter, avec la même perspicacité, qu’il n’est certainement pas question ici d’un tribute à Megadeth ou à Ramstein. Mais de quoi s’agit-il alors? Le suspense est à son paroxysme… dévoilons tout! Cet album vient rendre hommage à un groupe de rock progressif dont la présentation n’est plus à faire. L’initiative incombe à deux pianistes norvégiens plutôt mobiles de leurs mains, Guddal et Matte. 

Nos talents d’observation rudement mis à l’épreuve aujourd’hui permettent d’ailleurs d’affirmer que nos deux compères n’en sont pas à leur première production et qu’un Volume I précède ceVolume II (une brillante déduction d’ailleurs confirmée sur le site internet tenu par l’un des deux pianistes et au demeurant fort bien conçu). Plutôt bien perçu par les critiques, le premier volume mettait l’accent sur les claviers de Tony Banks en faisant ressortir et coexister les aspects à la fois rock et classique des compositions de Genesis par le seul recours au piano. Toujours de mise pour le nouveau volume, l’originalité de la démarche a de quoi séduire dans la mesure où le nom du groupe sert régulièrement de substrat à des hommages qui tournent fréquemment au massacre organisé: manque d’ambition et production indigne coulent hélas le produit et le phénomène n’est pas circonscrit à Genesis, loin de là! (petite pointe d’humour: tout le monde conviendra qu’un septième volume dans la longue série des hommages à Metallica serait hautement déraisonnable). 

Portons maintenant notre attention sur le contenu de Genesis for two Grand Pianos. Réarrangés avec minutie, nous trouvons majoritairement quelques beaux standards de la période des années septante (« Eleventh Earl Of Mar », « Blood On The Rooftops », « The Battle Of Epping Forest »). Les années 80 ne sont pas en reste pour autant avec une reprise sympathique de l’album Abacab : « Me And Sarah Jane ». L’interprétation tout au piano (on le saura) équilibre passages rapides, rythmés et passages plus mélancoliques, plus sublimes. 

Au final, la complexité des arrangements et le dialogue instauré entre les deux pianistes force le respect et ont caractère à générer un intérêt certain. Toutefois, l’on regrettera peut-être qu’il ne soit pas pris plus de libertés par rapport aux mélodies d’origine et il faut avouer que le style trèsstaccato (adopté pour l’occasion ou inné chez Guddal et Matte) ne plaira pas nécessairement à tout le monde