Saqqarah - The Awakening

18/06/2006

Par Justin Poolers

Label: Autoproduction

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The Awakening est le deuxième album de ce groupe Breton au nom Egyptien, existant tout de même depuis 1992 ! Le leader et guitariste Patrice Mauvieux doit être animé de deux passions : la guitare et… Pink Floyd ! Oui, et il l’avoue bien honnêtement, son dieu s’appelle Gilmour, et son album fétiche parle de la lune. Est-ce audible cependant lorsque l’on insère The Awakening dans la platine ?

Certes oui, au niveau de la guitare surtout, et au delà sur quelques plans de claviers, ainsi que dans la construction de certains titres, jusqu’au quasi-plagiat (« Behind The Moon »). On sent bien que l’homme est imprégné de la musique des Anglais psychédéliques, et il n’a pas à rougir de la comparaison tant son jeu est propre, travaillé et bien senti. Nous ne sommes cependant pas là pour faire le portrait du seul guitariste, mais pour décrire au mieux le contenu du CD. Pink Floyd certes, mais qui aurait remplacé l’herbe interdite par des vitamines en tubes. L’ensemble du disque est en effet assez énergique, sans être vraiment hard. Les titres sont bien écrits, bien produits, bien joués… Mais que manque-t-il alors pour justifier la note ci-dessous ? Un chanteur ! Si si, il y en a un, mais il joue un peu le rôle de casse-délire, de rabat-joie, de cheveu sur la soupe, malheureusement ! Dès son entrée en scène on a compris. Tant pis, nous essaierons de faire abstraction de sa présence pour apprécier la musique à sa juste valeur. Non pas qu’il chante faux, mais sa voix poussive essayant d’imiter l’anglais avec un accent très approximatif est assez dure à supporter, même si à la longue (et sans l’écouter) on parvient à s’y faire. Et la musique ? Sans faire d’éclats, elle reste agréable tout au long du disque, sans trop ennuyer, mais sans faire sursauter l’oreille non plus. On a donc affaire à un rock assez peu progressif, jamais trop atmosphérique, jamais trop hargneux, que les connaisseurs nommeront neo prog. On retiendra donc surtout le jeu de guitare de Mauvieux, les autres étant là en dignes accompagnateurs, sans se faire remarquer, et, pour enfoncer le clou de l’influence prépondérante, les deux reprises de Pink Floyd en fin d’album.

Avec un chant plus adapté, ces Français-là auraient pu faire un bel effet avec ce deuxième album très honnête, mais il est des facteurs éliminatoires qu’un chroniqueur ne peut taire. Espérons que le chanteur de Saqqarah saura prendre la critique positivement, et nous montrer une belle amélioration de sa prestation pour le prochain album !