Krysalyd - Krysalyd

11/06/2006

Par Aleksandr Lézy

Label: Autoproduction

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Krysalyd est un groupe de métal progressif comme il en existe pas mal en France et est pourtant méconnu pour le moment. Cette chronique est donc destinée à faire en sorte que ce style puisse promouvoir de nouveaux talents, surtout dans notre pays tellement réfractaire à tout ce qui n’est pas de la soupe ! Les très bons Lordi ont même gagné l’Eurovision alors que notre petite française (« la pauvre ») n’a fait que vingt-quatrième sur vingt-six, grâce au talent de ce poète de …. Corneille ? Enfin bref, tout cela n’était qu’une légère digression pour vous présenter Digression du groupe niçois Krysalyd qui mérite, lui, qu’on en parle !

Krysalyd renoue avec un genre à l’intérieur même du métal progressif. A l’époque des groupes comme Watchtower, Mayadome ou bien Power of Omens, il était de rigueur de pousser la musique vers quelque chose de foncièrement plus thrash, tout en gardant une touche complètement mélodique. Krysalyd possède une énergie très efficace sûrement liée à celle de la batterie qui use mais n’abuse pas de rythmes parfois proches de celui du death mélodique (double pédale et contre-temps forcés …) dans l’esprit du groupe danois Mnemic. Tout est réuni ici dans la plus pure tradition d’un genre : guitare technique très présente, synthés à gogo, basse ronde en demi-teinte et chanteur alliant mélodie et parfois aggressivité.
L’ensemble est bien pensé, jusqu’à se demander si ce sont des amateurs qui ont créés tout ceci ! Tout est ici maitrisé, aussi bien instrumentalement que musicalement. Les mélodies sont judicieuses et accrocheuses, on trouve peu de fioritures, les soli en tout genre étant dispersés de temps en temps sans jamais faire déborder le verre. Petit reproche pour la voix qui malgré un timbre original est en deçà du reste à cause d’un accent anglais disgracieux, d’idées parfois incongrues comme les narrations et un manque de justesse.
Au niveau de la production, il s’avère que, pour une autoproduction, le résultat est impressionant. Equilibre des instruments, puissance des rendus au niveau basse/batterie, guitare et chant légèrement au-dessus pour renforcer le côté mélodique et synthés en trois dimensions teintant les murs de toute la surface.

Krysalyd, avec ce bel effort, prouve qu’il est déjà bien éclos et que le papillon est sur le point de sortir, si ce n’est déjà fait ! Digression se positionne près d’un Extension of the Wish d’Andromeda par l’entraînement que fait subir chacun des titres du disque. Le groupe vient récemment de faire quelques modifications au niveau de son line-up, et il se pourrait que l’album soit réenregistré avec les nouveaux membres. Souhaitons leur bonne chance !

PS : petit clin d’oeil à la reprise du Praeludium III de Bach, à vous de chercher !