Carpet Knights - Lost and So Strange Is My Mind

19/03/2006

Par Justin Poolers

Label: Record Heaven

Site:

La Suède, l’autre pays du prog ! Cette contrée aura offert au monde depuis près de quinze ans quelques-uns des meilleurs groupes du genre. On ne les compte plus, dans des sous-genres parfois originaux et inconnus jusqu’alors ou dans la grande tradition progressive des années soixante dix. The Carpet Knights, quant à eux, ne sont pas ici pour inventer, ni porter le flambeau du renouveau du style !

Le groupe a défini son cadre d’évolution dès le départ, et le cahier des charges semble avoir été le suivant : arrêter d’écouter tout ce qui s’est fait en musique après 1969, nier l’existence des synthétiseurs sonores et retrouver le dernier ingénieur du son encore vivant ayant connu les magnétophones à bandes deux pistes ! Au niveau matériel, n’utiliser bien sûr que du vintage certifié d’époque, instruments compris. A se demander s’ils n’ont pas un tant soit peu regretté même l’invention de la stéréo !
Si les dernières phrases tiennent de l’exagération outrancière, elles ont le mérite de décrire au mieux le contenu de Lost And So Strange Is My Mind. Même le mouvement Low-Fi aperçu dans les années quatre-vingt dix était loin du compte. Concernant les influences musicales, elles vont de pair avec l’habit sonore. Il est même un peu précoce d’appeler la musique du groupe Progressive, car l’époque d’où il prend inspiration n’avait pas encore vu naître les précurseurs tels Yes, King Crimson ou Genesis. Les références sur lesquelles on pourra dès lors s’accrocher sont limitées si l’on est né trop tard, mais les sonorités peuvent rappeler Creedence, ou les premiers Black Sabbath, surtout dans les ambiances mélancoliques. Les titres présents sur ce premier album ne peuvent certes pas être qualifiés de prog, mis à part le dernier plus étalé que les autres, mais l’adjectif « atmosphérique » ne gênera sans doute pas les auteurs. Pour être honnête, et même si le propos n’est pas (du tout) novateur, on peut assurément dire que le pari est gagné. Les cinq musiciens ont réussi l’exploit de remonter le temps en faisant fi de la modernité, et si l’on est un quinquagénaire nostalgique peu avide de nouveauté on pourra se faire piéger par l’habileté des instrumentistes, particulièrement le flûtiste !

S’il fallait tout de même classer ce nouveau groupe parmi une écurie de genre, nul doute que les amateurs d’Anekdoten, Paatos et consorts y trouveraient leur plaisir. A conseiller de toute façon à ceux qui privilégient l’ambiance à la technique, l’atmosphère à la complexité !