Jack Foster III - Raptorgnosis

07/02/2006

Par Justin Poolers

Label: Musea

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Les américains ont la rigolote habitude de se nommer, à l’instar de leurs rues, par des numéros représentant leur situation dans la lignée de leurs ancêtres. Jack Foster III n’est donc pas un trio, pas plus que le troisième album d’un certain Foster, Jack de son prénom. Même pas un nom d’artiste, c’est sous son vrai patronyme qu’il nous présente ici son deuxième album, Raptorgnosis.

Parrainé depuis ses débuts discographiques par Trent Gardner (Magellan), il propose dans cet album un patchwork agréable de rock, jazz, voire hard rock, toujours teinté ça et là d’ambiances typiques des musiques progressives. L’homme est guitariste, chanteur, et compose la majorité de ses musiques, le reste l’étant par Mr Gardner lui même. S’il a développé un jeu de guitare assez convaincant, en rythmique plus qu’en solo cependant, c’est sa voix agréable et chaude que l’on retiendra le plus. Jack Foster III est très à son aise dans un registre blues-rock à la Robben Ford, posant sa tessiture sur de belles grilles d’accords teintées de jazz. Qu’en est-il de la participation de Trent Gardner ? Comme tout musicien à forte personnalité, le fondateur du mythique Magellan apporte à tout ce qu’il touche une couleur très reconnaissable, et l’auditeur peut à coup sûr reconnaître à la première écoute les morceaux composés par lui. Trent tient une fois encore tous les claviers sur cet album (il s’éclate aussi au trombone sur quelques titres) et, de ce simple fait et seulement de celui là, Raptorgnosis peut être assimilé au courant prog. Certes, les titres qu’il a composé pour cet album sont un peu plus riches dans leur structure que les autres, simples chansons pour la plupart, mais n’attendons aucune progression longue, aucune suite épique. Est-ce grave ? Sûrement pas, car comme dit l’autre : « quand la musique est bonne… ». Jusqu’ici, la présente chronique est très positive. Trop, car on ne peut pas passer sous silence les points faibles de l’album : trop de variété dans les styles abordés, pas de moment fort, trop d’uniformité dans les structures, trop peu de mélodies accrocheuses… Trop d’ingrédients manquent en effet pour proposer autre chose qu’un agréable moment avec ce disque, à faible volume et entre amis autour d’une bière.

Sans faute dans sa réalisation, bénéficiant même d’une production très à la hauteur, Raptorgnosis pêche par un excès d’éclectisme, tous les titres ayant du mal à former un tout homogène. Il manque aussi au moins un titre plus accrocheur pour faire lever l’oreille, mais l’un dans l’autre, cet album reste d’assez bonne facture pour qui est large dans ses goûts.