Pierre Moerlen - Pentanine

24/01/2006

Par Djul

Label: Musea

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Pierre Moerlen est l’un des percussionnistes phares des années 70, et fut une des figures de proue de l’univers de Gong, avec Daevid Allen. En solo, il a composé de nombreux disques de jazz rock, et a joué avec Brand X ou Mike Oldfield sur ses meilleurs albums. Plus qu’un simple batteur, il aimait à colorer sa musique de sonorités exotiques ou encore de vibraphone et de xylophone, l’une de ses marques de fabrique. La vie étant toujours injuste, il nous a quitté pendant son sommeil, l’an dernier, à l’âge de 52 ans seulement.

C’est ainsi que l’un des contributeurs majeurs de l’époque jazz rock de Gong, avec ses Shamal et ses Gazeuse, s’en est allé, alors même qu’il remontait son Pierre Moerlen’s Gong dans le pays de Poutine, et que de nouveaux titres issus de ce voyage original avaient déjà été composés. Muséa les a réunis au sein de ce Pentanine, un disque 100% instrumental, est-il besoin de le préciser ?

C’est en avril 2001, à Saint-Petersbourg, que Moerlen a commencé à jouer avec des musiciens locaux, lors du Festival SKIF. Les sessions dont sont issus les titres de Pentanine eurent lieu au printemps 2002, et se déroulèrent « à distance », par e-mail et fichiers midi. On y retrouve les ambiances typiques de la période de Gong déjà évoquée, ainsi que de certaines des interventions solos de Moerlen (Downwind et Second Wind), soit un jazz rock très remuant. Le morceau-titre est d’ailleurs l’occasion pour Moerlen de ressortir le xylophone et démontrer que l’instrument n’est pas qu’un jouet destiné aux enfants de deux à cinq ans en plein éveil musical. De plus, sur la reprise de ce morceau en fin de parcours, on se plaît à retrouver des climats plus exotiques chers à Moerlen.
Deux plages atmosphériques bidouillées électroniquement par Meehail Ogorodov (« Flyin’ High » et « Interlude ») rappellent plutôt la première époque de Gong, sans apporter beaucoup d’eau au moulin.

Hypnotique, la musique composée par Moerlen l’est toujours. Un peu trop même, ce qui rend l’ensemble clairement répétitif. Mais au travers de ce « disque compact », on peut déceler quelques titres qui ressortent du lot, comme « Trip à la Mode » et ses percussions variées (y compris des claquements de mains), ou le bien nommé « Classique », qui rappelle le vieux Gong, avec voix étranges, guitares noyées d’effets et final planant.

Au final, le disque est hélas vite répétitif et « unidirectionnel » puisque seul le vocabulaire du jazz rock est utilisé. On regrette en particulier que les cuivres (trompettes) parsemant le titre final n’aient pas été mis à contribution de plus ample manière pour enrichir le son de l’ensemble. S’il est recommandé aux amateurs de Moerlen, qui trouveront peut-être là la dernière œuvre disponible du batteur, les autres se pencheront plus volontiers sur la période 1974-1978 de Gong, qui regorge de trésors et pendant laquelle Moerlen exerça une influence décisive sur le « son » du groupe.