Dynamic Lights - Shape

23/01/2006

Par Djul

Label: DVS Records

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Dynamic Lights vient d’Italie. Après un premier mini-album, Resurection, et quelques tournées sur le continent, notamment au Progpower néerlandais, le groupe s’est attelé entre 2004 et 2005 à la composition et à l’enregistrement de ce premier album, Shape.

Evoluant dans les sphères du metal progressif, Dynamic Lights a le mérite de ne pas cacher ses influences, et il est vrai que les Italiens auraient eu du mal tant elles transpirent de chaque morceau de ce premier essai : Pain of Salvation, Wolverine (lui-même assez proche de PoS) et Fates Warning sont des groupes les ayant visiblement marqués. A tel point d’ailleurs que la chanteuse Jamina Jansson, déjà à l’honneur sur le premier album de Wolverine, est venu pousser la vocalise sur « In the hands of a Siren » ! Ce premier morceau annonce d’ailleurs la couleur : voix haut perchée de Matteo Infante, à la Daniel Gildenlöw, en moins « pure » néanmoins, riffs secs et rythmique « dynamique », les amateurs du genre metal progressif torturé risquent d’être vite convaincus ! D’autant que les dix minutes du titre sont très bien structurées, et que Jansson se taille la part du lion sur la dernière partie.

Deux instruments ressortent clairement tout au long des huit titres de l’album : la batterie et le piano, au contraire des guitares, plutôt en retrait. Simone Del Pivo, derrière ses peaux, n’arrête pas de changer les rythmiques et de surprendre par ses contretemps. Et si son jeu offre une dimension supplémentaire aux morceaux, l’exercice de style tourne parfois court, comme sur la première minute de « Between Two Parallels » où il semble incapable de tenir un tempo plus de dix secondes, ce qui devient vite fatiguant (le bien nommé « Going to Nowhere » constituant un autre exemple de démonstration stérile). Giovanni Bedetti, aux pianos et claviers, est lui aussi à l’honneur, puisqu’il joue la majeure partie des lignes mélodiques des chansons et on est par moment étonné d’entendre ses arpèges prendre le pas sur l’ensemble de l’instrumentation. Il se paie même le luxe d’un morceau sous forme de solo (« Density »), où l’influence de Jordan Rudess se fait sentir. Le souci, c’est qu’un instrument comme la guitare est relégué au second plan, au point que Marco Poderi se retrouve à balancer de grands riffs amples sans conviction (« Rememberances »). L’ensemble manque donc de « liant », sauf sur le réussi « One Thousand Nothing », très Dream Theater période Images & Words, sans le génie mais avec la qualité d’interprétation.

Le groupe est en place, cela se sent aisément, et les tournées intensives (en compagnie de PoS, Lacuna Coil ou Shaman) ont sans doute aidé à ce que ce premier album ne sente pas l’amateurisme. On peut cependant relever une certaine tendance à tomber dans la facilité et une attention pas assez soutenue sur les refrains et mélodies marquantes. Notre système de notation privilégiant l’originalité d’un album, Dynamic Lights ne peut récolter qu’un humble « 6 », du fait de ses références bien trop explicites pour mériter mieux. Comme (trop) souvent en matière de metal progressif, cette chronique se terminera donc par le constat qu’il faut désormais que Dynamic Lights arrive à se défaire de ses influences pour proposer une musique plus novatrice.