Dryade - Inscape

25/12/2005

Par Dan Tordjman

Label: Brennus Music

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Les lecteurs qui ont tenu Progressia entre leurs mains se souviennent probablement d’Hamadryade, groupe originaire de la Drôme et qui a dû raccourcir son nom – un groupe canadien utilisait déjà le patronyme – pour devenir Dryade. La formation française revient avec un nouveau disque et un nouveau bassiste, puisque la jolie Sabrina Moïse a laissé sa place à Yann Gallic.

N’ayant pas écouté leur premier album Existence, notre point de référence reste la démo reçue il y a 4 ans. À l’époque, la formation ne semblait avoir d’yeux que pour le speed metal et Helloween. Il faut admettre qu’avec Inscape, les Ardéchois ont une nouvelle corde à leur arc : un metal mélodique avec des guitares en acier trempé comme sur « Your Enemy » ou le très heavy « My Last Wish » dont le tempo lent et lourd transforme la tête de l’auditeur en hochet ! Plus intéressant encore, « Toy Of Your Acts », dont le groove et le coté funky rappellent le bon souvenir d’Extreme et de son mythique « Cupid’s Dead ». De l’audace, il en faut. Ici, vous en avez à foison !

Non content de varier les styles musicaux, Dryade s’est aussi amusé à varier les plaisirs de la langue : Shakespeare ne règne plus en maître ici et se doit de faire chambre commune avec Molière. Et l’on peut parler de coup de maître car nos petits gars s’en sortent très bien ! Des titres comme « Une Ombre Dans Le Miroir » ou « Ta Vraie Place » font mouche et se retiennent sans trop de difficulté. Et ces morceaux ne sont rien à côté du « Mal Des Mots », petit frère du « Combien de Larmes » du plus français des groupes allemands, Vanden Plas. La ressemblance, toutefois, s’arrête là !
Si le chant de Stéphan Ganet a gagné en maturité, il n’est pas exempt de reproches, à commencer par ce coté « j’en-fais-un-peu-trop-avec-le-vibrato ». Dommage, car sur les titres chantés en français, le trémolo fait un peu tâche. De plus, si le groupe a gagné en maturité dans le domaine de la composition, il serait intéressant de voir ce que donnerait l’apport d’un clavier : en effet, si Dryade a le propos et clair et concis, il gagnerait certainement bien plus en s’autorisant quelques folies nouvelles. Egalement au registre des doléances, une production plus touffue et surtout plus homogène serait du meilleur effet. Pourquoi pas pour le prochain album ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite.