The Claudia Quintet - Semi-Formal

05/12/2005

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Cuneiform Records / Orkhestra

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Cuneiform Records est en pleine forme cette année ! Après les sorties récentes et réussies de combos tels Miriodor, Djam Karet ou Mats & Morgan, le label américain se lance dans la promotion de formations moins connues dans le milieu progressif mais qui possèdent déjà une certaine notoriété dans le monde du jazz. C’est le cas de Semi-Formal , le troisième album du Claudia Quintet emmené par le percussionniste et compositeur John Hollenbeck. Le curriculum de John Hollenbeck est impressionnant, tant comme leader de groupe, en son nom propre (Claudia, John Hollenbeck Large Ensemble, etc.) ou qu’avec ses multiples participations tous azimuts (Eastmann Jazz Ensemble, Jeff Campbell, Larry Porter, Lee Okkyung, etc.).

Doté d’une formation pour le moins inédite puisque comprenant des vibes, de l’accordéon, un sax ténor également clarinettiste et une section rythmique batterie-basse, le Claudia Quiintet propose des sonorités nouvelles tout à fait intéressantes. La démarche du quintette n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle du mouvement RIO, naviguant aux frontières du jazz, du classique et du rock progressif. Ainsi, sans être aussi doué et aventureux, The Claudia Quintet peut faire penser à Miriodor et sans être foncièrement faciles, les compositions, même tarabiscotées, possèdent une petite touche qui accroche rapidement l’oreille de l’auditeur.

Tout en construisant sa musique sur des dissonances propres au jazz moderne, le groupe a cherché à mettre en exergue son efficience mélodique, à l’instar de « Drewslate », « Susan » et « Two Teachers ». Cela n’empêche pas le quintette de lorgner parfois vers des musiques plus proches du RIO et de l’expérimentation, tout en possédant un aspect planant pas déplaisant du tout (« They Point…Glance…Whisper…Then Snicker…  », « Limp Mint »). L’album alterne ainsi des morceaux doux et courts en forme de petits intermèdes rêveurs (« Kord », « Bindi Binder », « Growth ») avec de plus longues pièces propices aux improvisations les plus improbables, où sont surtout mis en évidence le xylophone et l’accordéon.

Avec le Claudia Quintet, les frontières déjà fort poreuses entre RIO et jazz sont définitivement abolies, et ceci dans un contexte très original d’instrumentation. Toutefois, on peut reprocher au groupe de se brider malgré tout, pour ne pas s’emporter trop haut ou trop loin, et de se laisser aller à une sorte de douce monotonie sonore, évitant au maximum les aspérités. La production, techniquement parfaite, manque toutefois de vigueur, d’où parfois une impression d’ennui.
Toutefois, les amateurs de John Hollenbeck et de jazz seront comblés par cette nouvelle livraison du Claudia Quintet. Gageons même certains progueux s’y intéresseront.