Phaesis - Puzzle

29/11/2005

Par Jean-Philippe Haas

Label: Musea

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Depuis sa création en 1982, Phaesis propose ses albums au compte-goutte. Puzzle n’est donc que leur quatrième réalisation officielle sur CD en presque deux douzaines d’années d’existence, de changements de personnel et autres vicissitudes. Une longévité qui force le respect mais pas l’indulgence du chroniqueur face à un album qui passe très près du naufrage complet.

Se réclamant groupe de rock mélodique aux influences floydiennes, Phaesis évolue plus généralement entre rock mélodique et rock néo-progressif. On retrouve certes dans leurs compositions les influences guitaristiques de Pink Floyd mais aussi des touches de Marillion ou encore de Mike Oldfield dans les titres instrumentaux. Malgré une solide expérience scénique, le groupe ne se montre guère sous son meilleur jour en studio. Bien que les membres du groupe aient individuellement une maîtrise de leurs instruments respectifs, la mise en place est à la limite de l’amateurisme sur certains passages, le chant approximatif tant dans la justesse que dans le placement. Il est d’ailleurs assez étonnant de constater que le groupe peut ainsi, sans complexe, proposer un album truffé d’autant d’imperfections ! Un manque de temps, de budget ? Les titres chantés sont en général plutôt énergiques, mais ce sont les plages purement instrumentales qui viennent sauver les meubles. Variées, elles réservent quelques atmosphères travaillées et moments épiques («Ravsody», «Speedoux», «Communication») même si le décollage demeure toujours un peu poussif. Par ailleurs, les passages chantés révèlent des textes d’une naïveté parfois désarmante, «une réflexion sur ce monde qui nous entoure» précise la pochette. C’est particulièrement flagrant sur «Notre Monde» qui dénonce le pouvoir de l’argent à force clichés et formules convenues.

Dernière pierre d’achoppement et non des moindres : la production. La sensation qui prédomine est celle d’une prise de son live avec tout ce que cela comporte comme imperfections. Et ce n’est pas la présence de Jean-Pascal Boffo au mixage qui arrange les choses. Le son de la guitare (surtout lorsqu’elle est rythmique) manque de clarté et se retrouve régulièrement étouffé. De même, rares sont les moments où la batterie dispose d’un son vraiment net. Seuls les claviers sont épargnés et bénéficient d’une mise en valeur à peu près constante.

Si la sincérité du groupe et son orientation musicale ne peuvent être discutées, Phaesis gagnerait cependant à recruter un chanteur attitré, à peaufiner ses enregistrements studio… et pour cela à être soutenu plus efficacement par son label. A en croire le site officiel, l’intensité de Phaesis s’exprime pleinement en concert. Pourquoi dès lors ne pas proposer un enregistrement public plutôt qu’un album studio bâclé faute de moyens ?