Amon Düül - Only Human

15/11/2005

Par Sébastien Crépy

Label: Inside Out

Site: www.amonduul.de

Amon Düül, l’une des pierres angulaires autant que vénérables de la scène rock pop progressive allemande, sortit son premier album en 1969. La formation a aujourd’hui à son actif plus d’une vingtaine de disques. 

Officiant à la croisée d’influences expérimentales diverses, le groupe a su séduire à ses débuts par un rock idéologique mâtiné de passages psychédéliques, de chants incantatoires et d’atmosphères tribales. Après une carrière faite de bien des péripéties et une présence permanente aux côtés de groupes plus populaires comme Can et Popol Vuh, cette remasterisation d’un vieux disque de Krautrock peut-elle susciter l’intérêt ? Only Human n’est en effet qu’une réédition d’un travail paru en 1978. Décevant pour beaucoup, il marquait l’entrée d’Amon Düül II dans une logique de production d’une pop conventionnelle sans saveur, qui s’accommodait mal de l’idéal esthétique que s’était initialement fixé le groupe. 

La durée des titres, peu nombreux, oscille entre trois et sept minutes. Le son est correct pour ce dépoussiérage et reste fidèle à ce qui se faisait à l’époque de nos amis les Bee Gees. Les mélodies sont, dans la première partie de l’album, appuyées par des rythmiques à la saveur disco qui fleurent bon la fin des seventies, tandis que les morceaux de clôture perdent un peu de leur dynamisme pour offrir atmosphères planantes et voyages sonores suggestifs plus fidèles à ce que faisait cette communauté teutonne à ses débuts.
La bossa nova chaloupée de « Spaniards & Spacemen » est ainsi un petit régal d’instrumental guilleret, qui s’achève sur un solo flamenco fort réussi. Il faut dire que « Another Morning » et « Kirk Morgan » préparent allègrement le terrain et mettent en d’affables dispositions. 
La deuxième partie de l’album commence avec l’orientalisant « Kismet », l’un des morceaux les plus longs. Il rappelle « 2112 » de Rush dans ses premières mesures et s’achève en une cavalcade aux tonalités berbères, riche en synthétiseurs. Cette deuxième moitié de disque est loin d’être médiocre mais il est dommage que l’ensemble ne sorte pas de l’ordinaire. Les deux titres bonus ajoutés pour l’occasion semblent allonger artificiellement l’écoute et il faut par ailleurs bien reconnaître que les passages parlés ou chantés manquent un peu d’énergie et d’expressivité. 

Bien que nettement plus intéressant que Vortex, il est dommage qu’Only Human ne fasse pas preuve de plus de caractère et qu’il ne possède rien qui puisse marquer durablement les consciences. 
Inconditionnels et habitués ne trouveront pas ici leur bonheur et pourront facilement opter pour des groupes plus actuels de la trempe d’Ozric Tentacles ou Brand X. Si par contre l’idée de faire connaissance avec un album aux compositions légères et bien exécutées les séduit, ils découvriront un enregistrement tout à fait correct et témoin des mutations artistiques de son époque.