Morrigan - Respirer

12/11/2005

Par Justin Poolers

Label: Autoproduction

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Né en 1993, Morrigan délivre son deuxième album après Chroniques d’ici bas, sorti il y a six ans déjà. Mais qu’ont-ils fait pendant tout ce temps ? Sans doute, après s’être séparés du guitariste originel, ont-ils peaufiné et re-peaufiné ce Respirer, en attendant de trouver les fonds nécessaires à sa réalisation. On le sait, le rock progressif français n’a qu’un public restreint, et pourtant ce disque mériterait que l’ensemble de cette communauté s’y intéresse.

Constat positif dès la première écoute : le contenu est extrêmement varié, et va bien au delà des carcans du style (expression paradoxale s’il en est pour un genre qui se veut libre et sans contraintes), et ce sûrement grâce à la pléthore d’instruments utilisés. Pas moins de seize invités sur les huit titres, jouant pêle-mêle de la cabrette ou du violon, de la vielle à roue ou du sitar. Ces rencontres musicales nous font alors passer du rock basique de « Funambule » aux plus progressifs « Human.com » et « Hamelin » via le très zeppelinien « Immortel », qui sont autant de titres biens construits et agréables. S’ils n’évitent pas tous les tics d’écriture hérités d’un atavisme musical remontant à Ange, les musiciens de Morrigan ont essayé d’aller plus loin que les multiples clones idolâtrant l’icône, en présentant un album à mi-chemin entre vielle école et modernité.
Chaque note de ce disque est finement exécutée, par des instrumentistes compétents, même sans être exceptionnels de virtuosité ni de feeling. La voix de Merlin, quant à elle, possède un grain particulier qui ajoute à l’identité du groupe, et, malgré quelques imperfections, elle contribue à rendre ce disque très agréable à l’écoute.
La production est également très léchée, claire et chaude, mis à part lorsque la musique se fait plus rock : elle manque alors cruellement de puissance et de cohésion. Mais enfin, il n’en reste pas moins que les écoutes successives n’altèrent pas le plaisir. Au contraire, on se prend à avoir très envie de remettre le couvert !

Mis à part quelques menus défauts, ce disque regorge de bons moments, variés et agréables, sans vraiment surprendre ni étonner, et devrait aider ce groupe à sortir de son relatif anonymat, si tant est que le commun des amateurs de rock progressif daigne s’y intéresser ! Progressia ouvre la voie !