Voyager - Element V

11/10/2005

Par Justin Poolers

Label: DVS Records

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Dans la grande famille du metal épique, il nous manquait encore le cousin australien… qui fait désormais son entrée en scène. Le point positif de ce genre de musique, c’est qu’il n’y a jamais de surprise : qu’ils soient italiens, finlandais ou serbo-croates, les groupes proposent tous la même mixture, mettant en avant tel ou tel ingrédient histoire d’obtenir un semblant de personnalité. Le point négatif ? Sans aucun doute la même chose…

Si l’on n’a évidemment aucun sursaut d’intérêt à l’écoute de cette suite de clichés qu’est Element V, on aura tout de même quelques surprises, sourires, voire éclats de rire en tendant l’oreille sur l’interprétation et sur certains arrangements. Le premier point fâcheux vient de la batterie, jouée laborieusement, presqu’en tirant la langue. Geoff Callaghan a dû souffrir pour venir à bout de ses parties, et cela se sent. Miraculeusement, le résultat global peut sembler correct au premier abord, mais en écoutant de plus près, les défauts de mise en place et les ratés sont discernables. Le chant, ensuite : si Daniel Estrin possède une voix chaude, juste et agréable, il ne recule devant rien pour parvenir à exécuter les prouesses vocales inhérentes au style. Et à ce petit jeu, le ridicule est atteint à plusieurs reprises ! Le reste des instruments est relativement de bon aloi mais la concurrence est tellement rude sur ce terrain-là que les malheureux sont enterrés sur place par les hordes de jeunes chevaliers aux épées plus rutilantes et mieux aiguisées.

Une fois n’est pas coutume, les claviers mènent la danse, et le fait qu’ils soient mixés très en avant confère au disque une originalité certaine. Mais là encore, tout n’est pas si simple : les sons ont sans nul doute été choisis dans des banques midi des années quatre-vingt, ce qui tourne malencontreusement l’originalité en cocasserie. La crainte de faire rire de soi n’a pas non plus empêché les musiciens de pondre au centre de l’œuvre une bizarrerie techno-metal, sensée peut-être prouver que le groupe vit avec son temps alors qu’il distille à tout bout de chanson des riffs et mélodies dignes des plus pompeux albums des eighties !

En changeant de batteur, Voyager pourrait peut-être prétendre à concurrencer les ténors du genre. Il faudrait sans doute pour cela qu’ils trouvent leur voie, travaillent leurs instruments et aient conscience que tout ne peut être décemment enregistré sous peine de narquoise critique, à tout le moins ?